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Somalie: la force de l'Union africaine dénonce un rapport déséquilibré de HRW

La force de l'Union africaine en Somalie Amisom a dénoncé jeudi un rapport de Human Rights Watch accusant ses soldats de viols et d'exploitation de femmes et jeunes filles sur leurs bases de Mogadiscio, le jugeant déséquilibré.

Dans une lettre de sept pages adressée le 19 octobre à l'organisation de défense des droits de l'Homme et publiée jeudi, l'Amisom dénonce l'utilisation d'un "petit" échantillon pour "peindre un tableau généralisé d'abus et d'exploitation sexuelle".

Elle regrette aussi que HRW n'ait donné la parole qu'aux victimes présumée des viols, et pas à leurs auteurs présumés.

Relevant "le sacrifice, la discipline, le courage et la détermination du personnel en uniforme de l'Amisom" dans leur "soutien au gouvernement et à la population somalienne", elle juge le rapport "injuste".

"Le titre du rapport, qui tend à assimiler le personnel en uniforme de l'Amisom à des violeurs et des personnes qui violent les droits de l'Homme donne une image inacceptable de l'Amisom", qui, "sans aucun doute, sapera les efforts (réalisés) pour gagner la confiance et le respect de la population somalienne", poursuit-elle.

L'Amisom, qui souligne l'importance qu'elle accorde au respect des droits de l'Homme dans l'exercice de sa mission, s'inquiète des effets d'un tel rapport sur les "efforts en cours pour libérer la Somalie", avant d'appeler HRW à embaucher des chercheurs "plus professionnels" afin de réaliser un travail "plus juste et équilibré".

Dans son rapport de 71 pages, qui repose sur le témoignage de 21 Somaliennes, HRW accusait les soldats de l'UA d'utiliser "une variété de tactiques, dont l'aide humanitaire, pour contraindre des femmes et des filles vulnérables à des activités sexuelles", d'avoir aussi "violé et agressé sexuellement des femmes venues chercher une aide médicale ou de l'eau sur les bases de l'Amisom".

L'UA avait déjà réagi en septembre, assurant que ces accusations feraient l'objet d'une "enquête approfondie" et que des "mesures appropriées seraient prises si elles s'avéraient exactes (...) conformément à la politique de tolérance zéro de l'UA en la matière".

Mais elle avait déjà dénoncé des "distorsions, inexactitudes et opinions biaisées" et reproché à HRW de se servir d'un "petit nombre de cas pour arriver à une conclusion générale". 

L'Amisom, déployée depuis 2007 à travers la Somalie où elle appuie les fragiles autorités de Mogadiscio dans leur combat contre les islamistes shebab, est financée essentiellement par l'ONU, l'Union européenne, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

La force compte 22.000 hommes et est constituée de contingents ougandais, burundais, kényan, éthiopien, djiboutien et sierra-léonais.

L'Amisom a enregistré depuis deux ans une série de succès militaires qui ont contraint les shebab à abandonner progressivement l'essentiel de leurs bastions du sud et du centre de la Somalie.

AFP

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