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Botswana: fronde contre les prétentions dynastiques prêtées au président

Les nouveaux députés du Botswana devaient prêter serment jeudi sur fond de fronde inédite contre le président Ian Khama, soupçonné de promouvoir son frère à la vice-présidence.

Les 61 nouveaux parlementaires, issus des élections de vendredi dernier, auraient dû prendre leurs fonctions mercredi, mais la cérémonie a été retardée d'un jour, tout comme la désignation du vice-président, suspendue à une décision de justice.

M. Khama, reconduit pour un deuxième mandat dimanche dernier, souhaite que la désignation du vice-président se fasse à main levée, et non à bulletins secrets.

Sur ordre de son gouvernement, le procureur général Athaliah Molokomme a saisi la justice en référé pour faire modifier le réglement de l'assemblée que les députés venaient juste de modifier pour rétablir le vote à bulletins secrets. 

L'affaire doit être jugée le 6 novembre, entraînant provisoirement la vacance du poste de vice-président.

"Le père fondateur du Botswana (Seretse Khama, au pouvoir de 1966 à 1980, ndlr) est le père du président actuel. Maintenant le président veut que son jeune frère, un autre Khama, lui succède", a critiqué un élu issu du parti au pouvoir, le parti démocratique du Bostwana (BDP), qui a accepté de parler sous couvert d'anonymat.

"On ne peut pas permettre une dynastie Khama au Botswana. Ce n'est pas le parti d'une famille", a-t-il ajouté.

Tshekedi Khama, le cadet du président, était jusqu'aux élections ministre du Tourisme, de l'Environnement et de la Faune sauvage depuis 2012. Il est également député de la circonscription, auparavant contrôlée par son aîné près du berceau familial de Serowe (centre).

Selon le procureur général, le réglement du parlement prévoyant un vote à bulletin secret pour le choix du vice-président n'est pas conforme à la Constitution.

Mais des élus affirment le contraire, rappelant que M. Ian Khama lui même a été élu vice-président en 1998 par un vote à bulletins secrets et non à main levée.

Le président Ian Khama, 61 ans, a été investi mardi pour un second mandat après la victoire de son parti, le BDP, qui dirige le pays sans discontinuer depuis l'indépendance en 1966. Il a fait un score inférieur à 50% des voix (46,7%).

"Le gouvernement du Botswana jouit d'une réputation internationale brillante et se classe parmi les meilleurs d'Afrique pour sa gouvernance. Mais les résultats électoraux suggèrent que la population du Botswana ne partage pas complètement cet enthousiasme mondial pour leur gouvernement", soulignait récemment Peter Fabricius, plume sud-africaine spécialisée dans la couverture diplomatique.

AFP

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