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Mali - Le bizutage militaire, c'est mortel

A la suite du drame survenu à l’Ecole Militaire Inter Armées (EMIA) de Koulikoro, située dans le sud-ouest du Mali, qui a entrainé la mort de cinq élèves officiers au cours d'un bizutage, vingt-quatre élèves officiers de 3ème année ont été radiés. Ces derniers, dont 21 Maliens, un Burkinabé, un Sénégalais et un Togolais sont accusés de sévices corporels ayant entrainé la mort des cinq élèves officiers de 2eme année, relève Afriquejet.

Un communiqué du ministère de la Défense et des Anciens combattants a annoncé le 10 octobre dernier leur radiation pour leur «implication directe» dans cette affaire. Ils sont mis à la disposition de la justice pour répondre de leurs actes.

Le gouvernement malien a également relevé de leurs fonctions toutes les personnes, directement ou indirectement liées au drame. Boubacar Sada Sy, le commandant du Centre d’instruction de Koulikoro, le colonel Soungalo Coulibaly, le colonel Ousmane Garango, ainsi que tout le personnel d’encadrement de l’EMIA.

L’école militaire de Koulikoro est une des plus prestigieuses du pays et a formé plusieurs officiers maliens et africains dont Amadou Toumani Touré, président de la République du Mali.

Une sanction de soixante jours de mise à pied avec traduction devant un conseil d’enquête a été infligée aux instructeurs permanents de l’école présents sur les lieux le jour du drame.

Le 3 octobre dernier, cinq officiers de l’EMIA, dont une Sénégalaise, sont décédés subitement au cours d’un exercice de bizutage encadré par leurs aînés de 3eme année.

Les quatre Maliens ont été inhumés le 5 octobre à Bamako en présence du chef de l’Etat malien. Alors que la victime sénégalaise a été rapatriée dans son pays, accompagnée par une forte délégation malienne, dont deux généraux de l’armée malienne.

Le quotidien dakarois Le Populaire note que les parents de la victime sénégalaise ont minimisé la décision du gouvernement malien.

«Ce n’est rien par rapport au drame qu’ils ont commis et la perte que nous avons. Rien de ce qu’ils feront ne nous la ramènera», a estimé sa sœur.

La victime, Ndèye Fatou Seck Gnningue, jeune femme de 22 ans, est décrite comme une personne joviale, pieuse et aussi très ambitieuse. Le père de la victime a confié qu‘il leur sera difficile de surmonter cette épreuve.

«Tout le monde est encore sous le choc, surtout sa maman qui n’arrive pas à se faire à l’idée que Fatou est partie».

Lu sur Afriquejet, Le Populaire