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L'Egypte décrète l'état d'urgence sur une partie du nord du Sinaï

L'Egypte a décrété vendredi l'Etat d'urgence de trois mois sur une partie du nord et du centre de la péninsule du Sinaï, bastion des jihadistes, a annoncé la présidence dans un communiqué après la mort de 28 soldats dans un attentat suicide.

Cet état d'urgence débutera samedi matin à 3H00 GMT, "pour une durée de trois mois" et s'accompagne d'un couvre-feu, selon le communiqué de la présidence, qui intervient après l'attaque la plus meurtrière contre les forces de l'ordre depuis la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi. L'attentat a eu lieu dans le nord de la péninsule du Sinaï.

Un kamikaze a tué vendredi 28 soldats en précipitant sa voiture bourrée d'explosifs contre un barrage de l'armée dans le Sinaï égyptien,l'attaque la plus meurtrière contre les forces de l'ordre depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi.

L'Egypte est le théâtre d'une vague d'attentats visant les forces de sécurité depuis que l'armée a arrêté en juillet 2013 le président islamiste élu Morsi. Ces attaques sont revendiquées principalement par des groupes jihadistes qui disent agir en représailles à la sanglante répression que le nouveau pouvoir mène contre les partisans de M. Morsi depuis sa destitution.

Le kamikaze a lancé sa voiture chargée d'explosifs sur le barrage militaire, provoquant une puissante explosion, selon des responsables des forces de l'ordre s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. L'attaque a tué au moins 28 soldats et fait 31 blessés, selon des responsables médicaux.

L'attentat suicide s'est produit dans une région agricole au nord-ouest d'Al-Arich, le chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, selon des responsables de la sécurité.

Peu après l'attaque, le président Abdel Fattah al-Sissi a annoncé trois jours de deuil national et convoqué une réunion du Conseil de défense nationale "afin de suivre les développements dans le Sinaï", selon un communiqué de la présidence.

Cet attentat est le plus meurtrier visant les forces de l'ordre depuis la destitution de M. Morsi.

L'Union européenne et les Etats-Unis ont condamné l'attaque, Washington affirmant que les autorités américaines "souten(aient) les efforts du gouvernement égyptien pour contrer la menace terroriste dans le pays".

En juillet, 22 soldats avaient été tués dans une attaque contre un poste de contrôle militaire dans l'ouest du pays, près de la frontière avec la Libye. Et en août 2013, peu après l'éviction de M. Morsi, 25 policiers avaient péri dans le Sinaï lorsque des hommes armés avaient tiré à la roquette et à l'arme automatique sur deux minibus de la police se dirigeant vers la ville de Rafah, à la frontière avec Gaza.

 

- Multiplication des attaques -

 

Dans un incident séparé vendredi, des hommes armés ont tué un officier et blessé un soldat à un barrage au sud d'Al-Arich, selon des responsables.

Mercredi, au moins six policiers et trois passants avaient déjà été blessés par l'explosion d'une bombe près de l'université du Caire.

D'abord cantonnées au nord du Sinaï, région montagneuse et désertique jouxtant Israël et la bande de Gaza palestinienne, les attaques jihadistes ont ensuite gagné le delta du Nil et la capitale.

Ansar Beït al-Maqdess (Les Partisans de Jérusalem, en arabe), un groupe jihadiste basé dans le nord du Sinaï, a revendiqué la plupart des attentats visant les forces de sécurité depuis l'été 2013. Ce groupe a récemment exprimé son "soutien" à l'organisation Etat islamique (EI), qui s'est emparée de larges territoires en Irak et en Syrie.

Il dit agir en représailles à la sanglante répression anti-islamiste menée par les autorités.

Depuis la destitution du président islamiste, plus de 1.400 de ses partisans ont été tués, notamment lors de la répression de manifestations. Des centaines de pro-Morsi ont été condamnés à mort ou à de très lourdes peines dans des procès de masse expédiés en quelques minutes --qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'histoire récente" du monde--, tandis que 15.000 autres ont été emprisonnés.

Ex-chef de l'armée, M. Sissi, confortablement élu à la présidence en mai après avoir éliminé toute opposition islamiste et libérale, est accusé par ses détracteurs d'instaurer un régime encore plus répressif que celui de Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire en 2011.

Les autorités justifient leur répression en accusant la confrérie des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, d'être derrière les attaques, ce que le groupe dément.

L'organisation vieille de plus de 80 ans, qui avait largement remporté toutes les élections organisées après la révolution de 2011, a été déclarée "terroriste" après un attentat pourtant revendiqué par Ansar Beït al-Maqdess.

M. Morsi et la quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans sont en détention, jugés dans divers procès pour lesquels ils encourent la peine de mort.

AFP

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