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Premier cas d'Ebola au Mali: le gouvernement tente de rassurer

Le gouvernement malien a assuré vendredi que le pays était bien préparé pour circonscrire le premier cas d'Ebola confirmé sur son sol, à Kayes (ouest), sans parvenir à dissiper les inquiétudes de la population du sixième Etat africain frappé par l'épidémie en Afrique de l'Ouest.

Au même moment, en Côte d'Ivoire, limitrophe de deux des pays principalement touchés, la Guinée et la Sierra Leone, mais parvenue jusqu'à présent à échapper à la contamination, un aide-soignant guinéen potentiellement contaminé qui serait entré clandestinement dans le pays était activement recherché.

Deux autres pays d'Afrique de l'Ouest, le Sénégal et le Nigeria viennent d'être déclarés débarrassés d'Ebola par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), respectivement le 17 et le 20 octobre, après l'introduction du virus par un malade guinéen pour le premier et un Libérien pour le second.  

Ces nouvelles alertes ont été lancées jeudi peu après une réunion d'experts de l'OMS exhortant les trois pays à "transmission intense" (Liberia, Sierra Leone et Guinée) à redoubler d'efforts pour "réduire l'exportation de cas d'Ebola", par de stricts contrôles à tous leurs aéroport, ports et principaux passages terrestres.

"Le dépistage au départ devrait consister, au minimum, en un questionnaire, une prise de température et, en cas de fièvre, une évaluation du risque qu'elle soit due au virus Ebola", selon l'OMS.

Le ministère malien de la Santé avait annoncé jeudi soir qu'un cas suspect d'Ebola admis la veille dans un hôpital public de Kayes (près de 600 km à l'ouest de Bamako) avait été testé positif au virus.

Il s'agit d'une fille de deux ans ayant récemment voyagé à Kissidougou, dans le sud de la Guinée voisine.

 

- Exercice de simulation concluant -

 

Son état "s'améliore grâce à une prise en charge précoce", a déclaré le ministre de la Santé, Ousmane Koné, dans un entretien à la télévision diffusé vendredi matin.

"Ebola n'est pas mortel dans tous les cas et principalement lorsque la prise en charge est précoce, ce qui a été le cas concernant cette fillette", a ajouté le ministre, qui a invité les populations "à garder le calme, ne pas céder à la panique", "être sereines, être vigilantes, observer les mesures d'hygiène".

Selon lui, "les premiers contacts de la malade" ont été identifiés et étaient suivies, mais il n'a fourni aucun chiffre et n'a pas donné de détails sur sa nationalité et son parcours.

L'OMS à Genève a indiqué que 43 personnes au total, dont 10 personnels de santé, étaient sous surveillance au Mali à la suite de ce premier cas.

Vendredi, la petite fille était dans "un état général satisfaisant. La fièvre s'est estompée et les hémorragies se sont arrêtées", a-t-on indiqué à Bamako de source proche du dossier.

De même source, elle est née d'une mère malienne et d'un père guinéen, récemment décédé en Guinée. Elle a quitté la Guinée le 19 octobre pour le Mali et s'est rendue en voiture à Kayes en passant par Bamako.

Avant de rejoindre Kayes, la petite fille et un de ses proches ont passé "quelques jours à Bamako, dans un quartier populaire", a dit à l'AFP une source au ministère de la Santé, précisant que cette piste était également suivie.

Le ministre a assuré que le Mali était préparé, signalant un exercice récent de simulation "au sein d'un hôpital de la capitale", Bamako, avec le concours d'experts des Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et de l'OMS.

L'OMS a annoncé vendredi l'envoi d'au moins quatre spécialistes supplémentaires au Mali pour renforcer son équipe de trois personnes déjà sur place afin d'aider les autorités sanitaires.

A Bamako, certains habitants se montraient cependant peu rassurés, même si aucune panique n'était perceptible, selon un journaliste de l'AFP, qui a toutefois vu des gens refuser de se serrer la main.

D'autres utilisaient discrètement des désinfectants liquides pour les mains.

Ada Coulibaly, vendeuse de fruits, a indiqué avoir peur mais s'en remettre à Dieu. "Mes clients sont de divers horizons. Seul Dieu peut nous venir en aide", a-t-elle dit.

"Je suis très inquiet parce que cette maladie n'a ni vaccin ni traitement reconnu. Jusque-là, je fais confiance aux autorités sanitaires, pourvu qu'elles maintiennent cette cadence" pour limiter le nombre de cas à la seule fillette hospitalisée à Kayes, a de son côté affirmé Mohamed Traoré, 40 ans, habitant d'un quartier populaire.

 

AFP

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