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Burkina Faso: le référendum pro-Compaoré "d'une légalité sans faille"

La convocation d'un référendum constitutionnel pour permettre au président du Burkina Faso Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, d'être candidat au scrutin de novembre 2015 est une démarche "d'une légalité sans faille", a affirmé vendredi le porte-parole du gouvernement.

Le projet de loi portant sur un référendum visant à modifier l'article 37 de la Constitution burkinabè, qui limite à deux les mandats présidentiels et interdit au chef de l'Etat de participer à la prochaine présidentielle, sera examiné le 30 octobre par l'Assemblée nationale.

Ce projet, très controversé, rend le président du Burkina Faso "rééligible deux fois", contre une actuellement. Il interdit aussi toute révision ultérieure de la Constitution relative à "la durée et/ou (au) nombre de renouvellements du mandat", d'après une copie du texte obtenue par l'AFP.

Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat en 1987, a déjà effectué deux septennats (1992-2005). Il terminera fin 2015 son deuxième quinquennat (2005-2015).

"On aurait voulu d'autres solutions, un consensus plus large", mais "si on ne peut pas faire l'économie d'un référendum, on y va", a déclaré à l'AFP Alain Edouard Traoré, également ministre de la Communication, pour qui la consultation populaire est une mesure de "dernier recours".

Opposition et majorité s'opposent depuis plus d'un an au sujet d'une révision constitutionnelle. Toutes les tentatives de dialogue ont avorté.

"La démarche du gouvernement est d'une légalité sans faille", a affirmé M. Traoré, qui a qualifié de "pas propre" la notion de "pouvoir à vie" qu'invoquent opposition et société civile pour s'opposer à la révision constitutionnelle.

"Le président Compaoré est une alternative sûre pour notre peuple. Vouloir qu'il puisse se représenter en 2015 pour briguer un autre mandat et pouvoir à vie, ce sont deux choses totalement différentes", a-t-il commenté.

L'opposition et la société civile craignent que la modification de la Constitution ne garantisse non pas un mais trois mandats supplémentaires à M. Compaoré.

En 2005, le Conseil constitutionnel avait autorisé sa candidature pour un premier quinquennat, alors qu'il achevait son deuxième septennat, au motif que la révision de la loi fondamentale modifiant la durée du mandat n'avait pas d'aspect rétroactif.

"27 ans de pouvoir ou d'autres arguments, peu importe, allons au vote!", a lancé Alain Edouard Traoré, pour qui "on ne peut pas être démocrate et refuser un référendum".

 

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