mis à jour le

RDC: des déplacés face au traumatisme des massacres

"Carnage" : Le mot revient dans la bouche de plusieurs déplacés traumatisés et affamés qui se sont réfugiés dans la chapelle de Ndalya après de récents massacres qui ont fait environ 80 morts dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Je suis arrivée d'Eringeti samedi soir. Le carnage s'est arrêté à quelques mètres de ma maison. Nous avons vécu une situation horrible. Ma soeur a été tuée", raconte Cécile, 24 ans, une mère de quatre enfants qui a perdu trace de son mari dans sa fuite vers Ndalya, un village de la province Orientale (Nord-Est).

Le territoire de Beni - situé dans la province voisine du Nord-Kivu - a été ensanglanté par une succession de massacres attribués aux rebelles islamistes ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), réfugiés dans cette zone montagneuse depuis 1995.

Sur les dizaines de victimes - des hommes, femmes et enfants tués à l'arme blanche, et parfois décapités - 30 l'ont été dans la nuit du 15 au 16 octobre dans la ville de Beni, et une vingtaine à Eringeti, à une cinquantaine de kilomètres plus au nord, dans la nuit du 17 au 18 octobre.

Dans l'enceinte de la chapelle de Ndalya, de nombreux déplacés sont venus d'Eringeti et ses alentours. En cette matinée, sur les quelques centaines de familles qui s'y sont abritées, on ne voit que quelques dizaines de personnes: beaucoup sont partis en quête de nourriture.

Assis sous un palmier à huile, Ephrem, 50 ans, discute avec quatre autres hommes. Lui aussi a fui le "carnage" à Eringeti, auquel il a échappé de peu. "J'ai quitté la maison pour aller me cacher dans la bananeraie jusqu'au petit matin. C'est vraiment horrible ce qui s'est passé, c'est du jamais vu..."

Plus loin, Ibrahim, 58 ans, est venu du village Lula, à un kilomètre de Eringeti et à la frontière avec la Province orientale. Les assaillants ne sont pas arrivés jusque Lula mais, en apprenant les violences, il s'est rendu sur les lieux samedi matin.

"Ce qui m'a poussé à quitter mon village, c'est quand j'ai vu de mes propres yeux les cadavres de petits enfants tués à la machette. J'ai été pris par la panique et je suis rentré directement. De là, j'ai emballé mes affaires", raconte-t-il sous un palmier à huile.

- 'Ce village sera attaqué le 24 octobre' -

A Ndalya, localité agricole où poussent des bananes, du manioc et du maïs, les déplacés espèrent être en sécurité. "Nous mangeons difficilement, nous n'avons rien avec nous, mais pourvu que nous soyons à l'abri des exactions de ces rebelles", souligne Ibrahim.

Mais la crainte subsiste. Alors dès 18h00 (16h00 GMT), les hommes veillent. "Il est regrettable que les autorités nous laissent avec seulement six militaires et deux policiers dans ce village. Qu'est-ce que ces gens peuvent montrer comme protection?", justifie le chef de village de Ndalya, Dieudonné Bangamisa.

Hormis le problème de sous-effectifs, des déplacés s'étonnent que des militaires ne soient pas intervenus. Juste avant des tirs, Paul, 58 ans, dit avoir vu des soldats traverser la zone d'Eringeti où s'est déroulé le massacre. "Nous pensions qu'ils patrouillaient" mais ils se sont pas revenus, poursuit-il.

En janvier, l'armée et les Casques bleus ont lancé une offensive contre l'ADF mais depuis la mort brutale, fin août, du général Lucien Bahuma, qui commandait l'offensive congolaise, les rebelles ont repris l'initiative malgré la perte d'importants bastions.

Les déplacés n'expriment pas de ressentiment envers les soldats congolais. En revanche, la Mission de l'ONU (Monusco) - l'une des plus importantes au monde, chargée de la protection des civils et qui appuie l'armée congolaise dans ses opérations - est critiquée par le chef du village de Ndalya.

"Cette Monusco-là ne fait rien pour nous. Nous ne voulons même pas voir leurs véhicules passer par ici!", lâche-t-il alors que, mardi, une marche hostile à la Mission a été organisée à Oicha, où 9 personnes ont été massacrées dans la nuit du 8 au 9 octobre, et que certains de ses véhicules ont été caillaissés à Beni.

Un drame va-t-il frapper Ndalya? "Un tract a été jeté, disant que ce village sera attaqué le 24 octobre. Nous fuyons parce que si ces gens-là nous rencontrent, ils vont nous tuer comme ils ont fait à Eringeti et partout ailleurs", explique sur le départ Véronique, 47 ans.

AFP

Ses derniers articles: CAN: "pas de grandes chances" de qualification, reconnaît le sélectionneur de l'Algérie  CAN: la Tunisie en son bunker, Khazri attend son heure  Tunisie: le syndicat UGTT en congrès pour renouveler sa direction 

deplaces

AFP

Camp de déplacés au Nigeria: l'armée a largué deux bombes, selon MSF

Camp de déplacés au Nigeria: l'armée a largué deux bombes, selon MSF

AFP

Nigeria: 50 morts dans un camp de déplacés après une frappe accidentelle de l'armée

Nigeria: 50 morts dans un camp de déplacés après une frappe accidentelle de l'armée

AFP

Nigeria: 50 morts dans un camp de déplacés dans une frappe

Nigeria: 50 morts dans un camp de déplacés dans une frappe

massacres

AFP

Noël sanglant en RDC: 22 civils massacrés au Nord-Kivu

Noël sanglant en RDC: 22 civils massacrés au Nord-Kivu

AFP

RDC: derrière les massacres de Beni, "des mains politiques"

RDC: derrière les massacres de Beni, "des mains politiques"

AFP

RDC: HRW critique l'incapacité de Kinshasa et de l'ONU

RDC: HRW critique l'incapacité de Kinshasa et de l'ONU

traumatisme

AFP

Gabon: une semaine après, le traumatisme de l'assaut du QG de Jean Ping reste profond

Gabon: une semaine après, le traumatisme de l'assaut du QG de Jean Ping reste profond

Steven LAVON

Alaedine Yahia: le Tunisien victime d’un traumatisme nasal

Alaedine Yahia: le Tunisien victime d’un traumatisme nasal

Isidore AKOUETE

Pré-saison NBA : Nicolas Batum, touché

Pré-saison NBA : Nicolas Batum, touché