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Centrafrique: médiation internationale

Une délégation de la médiation internationale dans la crise centrafricaine était en visite à Bangui samedi pour rencontrer autorités et groupes armés afin de "ramener le calme" après les violences qui ont fait une vingtaine de morts depuis 15 jours.

Cette visite, à l'initiative du président congolais Denis Sassou Nguesso, le médiateur dans la crise centrafricaine, était notamment composée du chef de la mission de l'ONU en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, et du ministre congolais des Affaires étrangères, Basile Ikouébé.

La médiation a rencontré les autorités de transition et s'est entretenue à huis clos avec les groupes armés. Il s'agissait de "voir comment aujourd'hui ramener le calme, la sérénité dans ce pays pour une transition apaisée" après les violences de ces derniers jours, a déclaré Abdoulaye Bathily dans un entretien à la presse présidentielle à son arrivée à Bangui. 

"Nous condamnons ces évènements. Nous voulons que les Centrafricains se remettent ensemble, se parlent, dialoguent. C'est par le dialogue, le débat d'idées qu'on sortira de cette crise de manière durable", a affirmé le responsable onusien.

"Ce n'est pas en tuant des enfants, en tuant les mères de famille, en tuant les personnes qu'on peut résoudre la crise dans ce pays. Je suis venu rencontrer la présidente (Catherine Samba Panza) pour lui donner ce message et j'ai des raisons d'être optimiste", a ajouté M. Bathily, tout en reconnaissant que "depuis quelques jours, il y a eu déraillement du train de la transition".

"Cela est profondément regrettable", a-t-il dit, évoquant les "victimes civiles mais aussi militaires, les Casques bleus, les blessés, les souffrances, les larmes", et les "milliers de gens qui ont encore une fois pris le chemin de l'exil hors de leurs maisons". 

A l'issue de cette visite, le ministre congolais a réaffirmé l'importance pour les partenaires de la Centrafrique de respecter les délais prévus pour organiser des élections générales, d'ici février 2015.

"Maintenant que la Minusca (force onusienne) est installée, il faut absolument sécuriser Bangui et puis l'intérieur du pays (...) Il faut ensuite accélérer le calendrier de la transition", a déclaré Basile Ikouébé lors d'une conférence de presse.

"Qu'on soit sur les barricades ou ailleurs, il faut se dire que nous allons aux urnes", a-t-il insisté, admettant qu'il faudrait toutefois tenir compte des revendications des différents acteurs politiques et de la société civile pour améliorer les institutions.

"Mais il n'est pas question pour nous d'ouvrir une porte à une troisième transition. C'est exclu. Sinon, il faudra tout recommencer", a asséné M. Ikouébé.

Réunis à Brazzaville fin juillet, les représentants des principaux groupes armés qui ont mis le pays à feu et à sang depuis un an et demi - l'ex-coalition Séléka, majoritairement musulmane, qui avait pris le pouvoir en 2013, et des miliciens anti-balaka qui avaient mené une impitoyable chasse aux musulmans après la chute de la Séléka au début de l'année - avaient signé un accord de cessation des hostilités.

Mais cet accord a été depuis régulièrement violé, alors que les affrontements, les braquages et les pillages se poursuivent à Bangui comme en province.

Depuis 15 jours, la capitale centrafricaine a ainsi été le théâtre de violences qui ont fait une vingtaine de morts, dont un Casque bleu pakistanais et plusieurs dizaines de blessés.

Vendredi, Mme Samba Panza, dont la gestion des affaires est de plus en plus critiquée, a fixé la fin de la transition au 15 février.

Mais de nombreux observateurs estiment que les conditions sont loin d'être réunies, à cause de l'insécurité et de l'économie ravagée par des mois de conflit, le pays vivant sous perfusion de l'aide internationale.

AFP

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