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Madagascar: manifestation de soutien

Une manifestation de soutien à l'ancien président malgache Marc Ravalomanana, placé en résidence surveillée, a été dispersée samedi par la police au prix de quelques heurts et d'au moins un blessé et trois arrestations.

Malgré l'interdiction de la manifestation par les autorités, de deux à trois cents personnes, selon des estimations de l'AFP, se sont rassemblées à Antananarivo dans la matinée.

Lorsqu'ils ont tenté de bloquer la circulation, la police est intervenue en faisant usage de gaz lacrymogènes. Des manifestants ont enflammé des cartons et lancé des pierres sur des véhicules de police. Un homme a perdu deux doigts en tentant de déplacer une énorme pierre pour barrer la rue. Il a été arrêté et emmené à l'hôpital.

Les forces de l'ordre ont interpellé deux autres personnes, dont un ancien membre du congrès de la transition issu de la Mouvance Ravalomanana, Feno Ranaivo, qui avait pris la parole devant la foule.

"Laissez le peuple s'exprimer", avait-il lancé devant les policiers rassemblés.

"Il faut écouter ce qu'on a à dire si on veut résoudre la crise dans ce pays",  a-t-il dit ensuite à des journalistes sur place, avant d'être interpellé. "Nous avons toujours clamé son retour (de Marc Ravalomanana, ndlr) et la tenue du dialogue entre Malgaches. On nous a ignorés et, maintenant que le président Ravalomanana est là, on l'arrête."

Pendant quelques heures, les manifestants sont restés sur place, souvent sur les trottoirs en scandant: "Libérez Ravalomanana". Parfois, la police intervenait pour les empêcher de barrer une rue.

Finalement, les forces de l'ordre ont inondé la principale avenue de gaz lacrymogènes, dispersant pour de bon le gros des manifestants. 

Vendredi, l'épouse de Marc Ravalomanana, Lalao, avait fait souffler un vent d'inquiétude sur le pays en lançant à ses compatriotes sur une radio: "Levez-vous car vous êtes malgaches et c'est votre droit (...) pour libérer Madagascar de son calvaire actuel".

Mais la manifestation de samedi, la première depuis l'investiture du président démocratiquement élu Hery Rajaonarimampianina en début d'année, n'a pas donné lieu aux violences que certains redoutaient.

Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud depuis qu'il avait été renversé en 2009, est rentré clandestinement sur la Grande Ile dimanche dernier. Il a eu le temps de donner une conférence de presse lundi matin pour provoquer le pouvoir avant d'être arrêté, puis déplacé à Diego Suarez, dans le nord du pays, où il est en résidence surveillée.

AFP

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