mis à jour le

Ebola: l'Afrique de l'Est envoie des renforts, l'ONU réclame que l'argent promis soit versé

L'Afrique de l'Est va envoyer plus de 600 professionnels de santé en Afrique de l'Ouest pour combattre l'épidémie d'Ebola, tandis que l'ONU a appelé à convertir en actes les promesses internationales d'aide financière et humaine.

L'Organisation mondiale de la Santé a cependant annoncé que le Sénégal, qui avait déclaré un cas, désormais guéri, ne pouvait plus être considéré comme un pays touché par Ebola. La même annonce devrait suivre lundi pour le Nigeria, qui a enregistré 20 cas, dont 8 décès.

L'ONU estime qu'il faut un milliard de dollars pour lutter efficacement contre cette épidémie qui a déjà fait quelque 4.500 morts depuis le début de l'année en Afrique de l'Ouest. Sur ce montant, seul un tiers a été versé à ce jour.

"Des dizaines de pays expriment leur solidarité. Mais nous devons convertir les promesses en actes. Nous avons besoin de plus de médecins, d'infirmières, de matériel, de centres de traitement", a souligné jeudi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

L'ONU a reçu jusqu'à présent 377 millions de dollars sur les 988 millions demandés, soit 38%, a déclaré vendredi un porte-parole de l'OCHA (Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU) à Genève. "Il faut y ajouter 217 millions de dollars promis, mais qui ne sont pas encore arrivés sur les comptes bancaires", a-t-il précisé. 

En revanche le fonds spécial de l'ONU mis en place pour parer aux urgences, appelé "Trust Fund" ne dispose que de 100.000 dollars sur les 20 millions initialement requis.

Ebola a fait 4.493 morts sur 8.997 cas enregistrés dans sept pays, principalement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon le dernier bilan de l'OMS, arrêté au 12 octobre.

 

- contrôles renforcés -

 

La Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) a décidé d'envoyer plus de 600 professionnels de santé, dont 41 médecins, en Afrique de l'Ouest pour combattre l'épidémie d'Ebola, a annoncé vendredi le bloc qui regroupe cinq pays de la région.

Le Kenya compte envoyer 15 médecins, l'Ouganda 14, le Rwanda sept et la Tanzanie cinq. Le Burundi entend envoyer 250 auxiliaires de santé, et le Kenya 300.

La France, qui a renforcé les mesures de contrôle à ses frontières, a promis vendredi de "tout mettre en oeuvre pour aider les pays africains confrontés à Ebola, en particulier la Guinée", en aidant notamment à la construction de centres de traitement supplémentaires.

Londres a de son côté envoyé en Sierra Leone un navire militaire médicalisé, avec un hôpital, trois hélicoptères et 350 personnes à bord. Il devrait arriver dans deux semaines à Freetown. Au total, la Grande-Bretagne prévoit d'envoyer 750 militaires dans son ancienne colonie pour aider notamment à la construction de centres de traitement.

La Chine, critiquée par des responsables américains pour la modicité de son assistance, a défendu son action sur un continent où elle est de plus en plus présente au plan économique.

Depuis le début de l'année, Pékin a offert aux pays d'Afrique de l'Ouest 234 millions de yuans (30 millions d'euros) en aide d'urgence, comprenant des équipements de prévention sanitaire, des céréales et des sommes en argent, a affirmé Hong Lei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang a annoncé jeudi un don supplémentaire de 100 millions de yuans (12,7 millions d'euros), comprenant des ambulances, des motocyclettes et des kits médicaux, a ajouté M. Hong.

Pékin va aussi dépêcher des "dizaines de spécialistes" pour former des équipes soignantes, a-t-il poursuivi. Près de 200 personnels de santé ont déjà été envoyés par la Chine dans les pays touchés par l'épidémie.

Face à la psychose qui commence à gagner certains pays occidentaux, le président américain Barack Obama a tenu jeudi à remettre les choses en perspective.

"Je veux que tout le monde comprenne que c'est une maladie très difficile à attraper" a-t-il martelé, tout en assurant comprendre que les Américains aient "peur" face à ce virus.

 

- "Venez tous dans le Maryland" -

 

La première infirmière contaminée par le virus Ebola aux Etats-Unis, Nina Pham, est apparue jeudi sur une vidéo, l'air lucide. 

"Venez tous dans le Maryland," plaisante-t-elle dans la vidéo de 56 secondes, tournée par le médecin qui la soigne dans un hôpital spécialisé du Maryland (nord-est), où elle a été transférée.

Nina Pham avait été au chevet de Thomas Eric Duncan, le Libérien qui fut le premier patient à être diagnostiqué aux Etats-Unis, à l'hôpital Presbyterian de Dallas (sud). Il est mort d'Ebola le 8 octobre.

Par ailleurs, une laborantine d'un hôpital texan, qui a pu être en contact avec Thomas Eric Duncan, va être évacuée d'un bateau de croisière au large de Belize "par excès de précaution", a annoncé le département d'Etat vendredi.

Cette femme, qui ne montre aucun symptôme de la maladie, reste confinée volontairement dans sa cabine, a indiqué la compagnie de croisière Carnival Cruise Lines. Elle était partie en croisière au départ du Texas le 12 octobre.

Elle "n'a pas eu de contact direct avec le patient d'Ebola depuis décédé, mais a pu entrer en contact avec des échantillons cliniques prélevés sur lui", selon le département d'Etat.

En France, les premiers tests effectués sur une infirmière, qui avait soigné récemment une malade infectée par Ebola au Liberia, sont "négatifs" au virus mais doivent encore être confirmés.

La société britannique GlaxoSmithKline (GSK),qui essaie de développer en urgence un vaccin contre l'Ebola, a prévenu qu'il ne serait pas prêt à la commercialisation avant 2016 et ne devait "pas être considéré comme une riposte première à l'épidémie en cours".

AFP

Ses derniers articles: Côte d'Ivoire: grossesses  Un Africain pour la première fois  Niger: Hawad, poète et peintre furieux 

l'ONU

AFP

Centrafrique: au moins 26 morts

Centrafrique: au moins 26 morts

AFP

L'ONU réclame 1,4 milliard de dollars pour les réfugiés du Soudan du Sud

L'ONU réclame 1,4 milliard de dollars pour les réfugiés du Soudan du Sud

AFP

Guinée-Bissau: l'ONU exhorte le président

Guinée-Bissau: l'ONU exhorte le président