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Élections au Mozambique: la SADC plaide pour une résolution légale des différends

La communauté internationale a appelé vendredi les partis d'opposition mozambicains à utiliser les procédures légales pour contester le résultat des élections, critiqué notamment par la Renamo, l'ex-guérilla qui dispose toujours de combattants armés.

"S'il y a des contestations, nous encourageons tous les partis politiques à utiliser toutes les procédures légales pour résoudre le problème", a déclaré la chef de la mission des observateurs de la Communauté d'Afrique australe (SADC), la ministre sud-africaine des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane.

Elle a appelé tous les acteurs à respecter l'esprit et les promesses de l'accord de paix signé en septembre entre le pouvoir et la Renamo, principal parti d'opposition, juste avant le scrutin. 

Cet accord a mis fin provisoirement à deux ans de guérilla larvée qui ont fait plusieurs dizaines de morts, et a permis l'organisation mercredi des élections présidentielle et législatives.

Dès le lendemain du vote, dont les premiers résultats partiels confirmaient la victoire annoncée du parti Frelimo au pouvoir, la Renamo a annoncé rejeter par avance les résultats, affirmant avoir gagné les élections et dénonçant "de graves irrégularités", comme des urnes bourrées et des électeurs ayant voté deux fois.

Vendredi matin, la Commission électorale affirmait cependant n'avoir encore été saisie d'aucune plainte: "Nous attendons une communication ou une plainte de la Renamo, ce que nous n'avons toujours pas reçu", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Commission électorale Paulo Cuinica.

Dans une première appréciation, la SADC, qui a par le passé validé des élections contestées, comme au Zimbabwe en 2013, a estimé que les élections présidentielle et législatives disputées mercredi dans ce pays riche d'immenses réserves gazières "ont été généralement pacifiques, transparentes, libres, honnêtes et crédibles".

A propos des incidents violents relevés ça et là, l'organisation, qui a déployé 145 observateurs dans tout le pays, note que "ces problèmes n'étaient pas de nature à affecter la crédibilité globale du processus électoral".

 

- Deux ans de maquis -

 

Face aux critiques de l'opposition, le Frelimo, aux commandes du pays depuis l'indépendance en 1975, a renvoyé au jugement des observateurs: "Les observateurs nationaux et internationaux étaient là et ont observé le processus. Ils seront en mesure de dire si ce qu'avance la Renamo est vrai ou non", a déclaré vendredi à l'AFP le porte-parole du Frelimo, Damiao Jose.

Après dépouillement d'environ un quart des bureaux de vote, Filipe Nyusi, le candidat du Frelimo, était en tête avec 62% des voix. Loin cependant des 75% engrangés par son prédécesseur Armando Guebuza à la présidentielle de 2009.

Nyusi devance le chef de la Renamo, l'ex-guérillero Afonso Dhlakama, crédité d'environ 30% des voix, doublant presque son score par rapport à 2009, et le candidat du MDM, un parti de création récente, Daviz Simango (7,5%).

Les investisseurs internationaux ne sont pas les derniers à observer de près la situation au Mozambique, un pays qui espère exploiter dans les prochaines années de gigantesques réserves de gaz découvertes récemment dans le nord. 

Ces gisements pourraient propulser le Mozambique au quatrième rang gazier mondial.

"Les investisseurs surveillent le Mozambique de près, ils veulent de la stabilité et un environnement prévisible", a commenté Alex Vines, chercheur à l'institut d'études politiques Chatham House, qui considère cette élection comme la plus importante depuis 1994, la première après la fin de la guerre civile.

Dhlakama, le chef de la Renamo, détient une partie des clés de la stabilité. 

Il a refait surface en septembre après deux ans passés dans le maquis pour accuser le Frelimo d'accaparer les richesses et de tricher aux élections. Après une campagne qui a mobilisé des foules enthousiastes, il ne semble pas décidé à quitter la scène. 

AFP

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