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Zimbabwe - L'Eglise anglicane se rebiffe

Le chef de l'Eglise anglicane, l’archevêque de Canterbury, a pris son bâton de pélerin en terres zimbabwéennes. Il a défendu la cause des anglicans persecutés dans ce pays d'Afrique australe, lors de sa rencontre avec le président Robert Mugabe, le 10 octobre à Harare.

Entouré notamment des archevêques d’Afrique du Sud, de Tanzanie et du Botswana, le chef de l’Eglise anglicane, Rowan Williams, a demandé au président zimbabwéen de mettre fin aux «abus perpétrés contre les fidèles anglicans depuis quatre ans». Le Guardian évoque le dossier remis par Williams à Mugabe, montrant que les anglicans ont subi des persécutions soutenues par la police du Zimbabwe: des arrestations arbitraires et des agressions, mais aussi des refus d'accès aux églises, écoles, hôpitaux et orphelinats.

«Nous lui avons demandé de faire tout ce qui est en son pouvoir, en tant que chef d’Etat, pour garantir la sécurité des citoyens qui ont foi en l’Eglise anglicane et mettre fin à ces comportements inacceptables et illégaux», a déclaré Williams.

Williams a pointé du doigt un responsable: Nolbert Kunonga, un évêque excommunié en 2007 et fidèle à Mugabe. Kunonga aurait confisqué leurs lieux de culte aux 350.000 fidèles anglicans du Zimbabwe, précise RFI.

Mugabe a lui aussi des comptes à régler avec l’Eglise d’Angleterre. Avant la rencontre avec Williams, son porte-parole a affirmé que le président zimbabwéen allait soulever les questions de la position de l'archevêque sur l’homosexualité dans l’Eglise, comme Kunanga l’a également fait. En effet, Williams est connu pour ces positions assez libérales sur la question de l’ordination des prêtres homosexuels que rapporte le Herald Online:

«L’Eglise n’autorise pas les relations sexuelles entre personnes du même sexe», explique-t-il, Mais il affirme aussi que «les homosexuels ont le droit au respect et à la dignité».

Mugabe a aussi profité de cette réunion pour évoquer les sanctions économiques imposées à son pays par l’Union européenne en raison des atteintes aux droits de l’homme pendant les élections de 2002.

Le Zimbabwe, indépendant depuis 1980, conserve des relations assez tendues avec son ancien colonisateur, le Royaume-Uni. Malgré tout, l’archevêque de Canterbury a déclaré que durant cette rencontre les deux hommes «s’étaient exprimés très franchement; nous avons exposé nos désaccords clairement, mais de manière cordiale».

Lu sur The Herald OnlineGuardianRFI