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RDC: attaque rebelle sur la ville de Beni, 26 morts

Vingt-six personnes ont été tuées à l'arme blanche dans la nuit de mercredi à jeudi lors d'une attaque attribuée à des rebelles ougandais sur la ville de Beni, important carrefour commercial de l'Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Cette expédition punitive contre une ville d'environ 500.000 habitants inquiète la population du Nord-Kivu et remet en question le discours des autorités congolaises selon lequel les rebelles de l'Alliance des forces démocratiques-Armée nationale de libération de l'Ouganda (ADF-NALU) seraient pratiquement défaits, à l'agonie.

L'attaque a eu lieu dans le quartier de Ngadi, à la périphérie nord de Beni, fief de la tribu des Nande et carrefour commercial important de la région des Grands Lacs, par lequel transite notamment beaucoup de bois à destination de l'Ouganda.

Il y a eu "26 morts exécutés à l'arme blanche", a indiqué à l'AFP le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) pour la province du Nord-Kivu.

"Je ne confirme pas que ce sont des ADF, mais les actes commis sont des actes de terroristes", a ajouté l'officier, joint par téléphone depuis Goma, la capitale du Nord-Kivu, province déchirée par les conflits depuis plus de vingt ans.

Eric Katasomia, journaliste pour la chaîne Radio Télévision Rwanzururu (RTR) a déclaré à l'AFP avoir vu 24 corps sur les lieux de l'attaque en train d'être évacués vers la morgue. Parmi ceux-ci, il a pu identifier un militaire, un enfant et quatre femmes.

Plusieurs corps portaient des traces de blessures à l'arme blanche, a-t-il confirmé.

La Société civile du Nord-Kivu dénonce depuis plusieurs semaines une recrudescence d'attaques meurtrières des ADF-NALU. L'armée congolaise, soutenue par les Casques bleus de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), leur a pourtant porté des coups sévères depuis le lancement au début de l'année d'une opération destinée à les anéantir.

Selon cette ONG basée à Beni, à une journée de route de Goma, les attaques ont d'abord visé des villages isolés de la région mais sont montées en puissance.

 

- 'Grosse baffe' -

 

Le 10 octobre, la Monusco dénonçait la mort de neuf personnes, dont des enfants, vraisemblablement tuées par des membres de l'ADF-NALU à Oicha, ville voisine de Beni.

Une source onusienne a déploré jeudi "le regain d'atrocité contre des civils qui, en plus des dernières tueries s'est accompagné du viol de plus de cinquante femmes au Nord-Kivu et en Province-Orientale voisine" en une semaine.

De même source, on regrette également "le manque d'attention que prête la Force" militaire de la Monusco à ce problème.

Le lieutenant-colonel Felix-Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco, avait estimé le 8 octobre que l'ADF-NALU conserveraient leur "capacité de nuisance" tant que leur direction n'aurait pas été "décapitée".

Parlant sous le couvert de l'anonymat, un expert du Nord-Kivu, estime qu'il ne fait aucun doute que les dernières attaques dans la région de Beni sont l'oeuvre de l'ADF-NALU.

Depuis le décès fin août du général Lucien Bahuma, qui commandait l'armée au Nord-Kivu, "il n'y a plus rien qui se passe contre les ADF", et ceux-ci reprennent des forces, ajoute-t-il, notant que ces dernières attaques "sont une grosse baffe pour les FARDC après une opération qu'on pensait finie et pour laquelle il y a eu beaucoup de morts" dans les rangs de l'armée.

L'ADF-NALU, dirigée par Jamil Mukulu, un chrétien converti à l'islam, est présente depuis une vingtaine d'années dans le nord du Nord-Kivu, dans les monts Ruwenzori, une région de haute-montagne volcanique frontalière de l'Ouganda.

Visée depuis juillet par des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies (embargo sur les armes, gel des avoirs, interdiction de voyager), cette rébellion, qui a perdu ses principaux bastions depuis janvier est accusée de graves crimes (meurtres, enrôlement d'enfants, enlèvements, pillages...) et de se financer grâce au trafic de bois et d'or.

Chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU pour la Province-Orientale, Maurizio Giuliano redoute la déstabilisation supplémentaire qu'apportent ces rebelles dans cette vaste région 

"Nous sommes très inquiets pour la protection des populations civiles dans la zone. Nous essayons de rassembler des renseignements pour évaluer l'étendue des déplacements de population causés par ces attaques pour que nous pussions définir une réponse aux besoins humanitaires qu'ils entraînent."

 

AFP

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