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Centrafrique: quatre morts dans de nouveaux heurts

Au moins quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans des heurts qui ont éclaté dans la nuit de mardi à mercredi à Bangui entre des miliciens anti-balaka et des habitants, a indiqué à l'AFP une source au sein de la force onusienne Minusca.

Selon cette source, trois civils "ont été tués et d'autres blessés (...) à la suite du lynchage d'un milicien anti-balaka par les habitants de Ouango", un quartier est de Bangui. 

Les violences, qui ont commencé mardi dans l'après-midi, "se sont poursuivies dans la nuit et ce matin (mercredi) encore", a ajouté cette source qui a requis l'anomymat.

Ces nouveaux affrontements "ont fait fuir des milliers de personnes vers la paroisse Saint Paul et à l'archevêché ainsi que dans les alentours de la résidence (de l'ambassadeur) de France", selon la même source. On dénombre aussi 28 maisons incendiées.

D'après des témoignages d'habitants, les anti-balaka - milices armées à dominante chrétiennes - ont envahi Ouango lundi soir pour mener des représailles contre des habitants qui n'avaient pas voulu participer à l'érection des barricades lors des violences de la semaine dernière, et en ont profité pour piller des maisons. 

"Mardi, ils sont revenus et l'un d'eux a été attrapé et lynché", explique un habitant. En réaction, les miliciens anti-balaka sont revenus encore plus nombreux pour s'attaquer à la population, tuant trois personnes. 

Si les anti-balaka "ont très vite été repoussés par les forces internationales (...), ils ont promis d'incendier toutes les maisons de Ouango en représaille à la mort de leur compagnon", selon les habitants, qui craignent de nouveaux raids sur leur quartier.

Des pillages avaient déjà été signalés ce week-end dans le 7ème arrondissement de la capitale, d'ordinaire plutôt calme, où se trouve le quartier d'Ouango, mais aussi la résidence de la présidente de transition Catherine Samba Panza. 

Bangui a été secouée la semaine dernière par des violences qui ont fait au moins 10 morts, dont un soldat pakistanais de la Minusca, et de nombreux blessés mais la situation sécuritaire s'est progressivement améliorée depuis ce week-end.

Mercredi, l'activité a repris dans la quasi-totalité de la ville, y compris sur la route de l'aéroport toujours barricadée la veille, même si les taxis n'osaient pas encore l'emprunter de peur de se retrouver pris au piège de nouvelles violences. 

Dans le centre-ville, de longues files d'attente étaient visibles devant les banques et il y avait une grande affluence sur les marchés.

 

 

AFP

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