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Pistorius: la défense plaide le remords et des travaux d'intérêt général

La défense d'Oscar Pistorius a fait comparaître lundi deux témoins pour appuyer sa demande d'une peine modérée: sa psychologue, qui a affirmé que les remords du sportif sud-africain étaient sincères, et un responsable pénitentiaire qui a suggéré de lui infliger un travail d'intérêt général.

Au premier matin de la reprise des audiences, destinées cette fois à déterminer la peine, la parole était aux témoins de la défense de l'ex-champion paralympique, reconnu coupable d'homicide involontaire pour avoir abattu sa petite amie Reeva Steenkamp de quatre balles en février 2013. 

"Nous sommes face à un homme brisé, qui a tout perdu", a expliqué la psychologue Lore Hartzenberg, qui a suivi Pistorius après le drame: "Il a perdu sa réputation morale et professionnelle, il a perdu des amis, il a perdu sa carrière et par conséquent la possibilité de gagner sa vie et son indépendance financière".

La psychologue a décrit des séances de thérapie au cours desquelles Pistorius était incapable de parler, se contentant de pleurer et de s'effondrer. Selon elle, le jeune homme de 27 ans "éprouve un sincère remords" et souffre pour la famille de sa victime.

"Sur le plan émotionnel, sa perception de lui-même, de sa valeur et de son identité a été gravement atteinte, au point qu'il est peu probable qu'il puisse récupérer complètement des conséquences" de la tragédie, a-t-elle ajouté.

Le redoutable procureur Gerrie Nel a évidemment contre-attaqué en pointant la douleur de la famille Steenkamp, brisée elle aussi. "Nous avons affaire à un homme brisé, mais lui est bien vivant", a-t-il lancé.

 

- Incompréhension et désapprobation -

Le second témoin était un travailleur social attaché aux services pénitentiaires sud-africains. Il a provoqué la fureur de M. Nel en suggérant, sur la base d'un rapport établi par ses services, que Pistorius soit condamné à un travail d'intérêt général de 16 heures par mois, sous le régime des arrêts domiciliaires pendant trois ans.

"L'accusé bénéficiera d'une surveillance correctionnelle, et aura la possibilité de se restructurer et de modifier son comportement", a précisé M. Joel Maringa, dont les services ont en partie pour but de désengorger les prisons sud-africaines surpeuplées.

Les bras au ciel, le procureur Gerrie Nel a explosé, traitant cette proposition d'"inappropriée et choquante!"

Le père de Reeva Steenkamp, Barry, s'est pris la tête entre les mains pendant que M. Maringa s'exprimait, alors que les proches autour de lui hochaient la tête en signe d'incompréhension et de désapprobation.

Dans son contre-interrogatoire, M. Nel a demandé à M. Maringa s'il avait bien conscience de la gravité des faits jugés: la mort d'une jeune femme abattue de quatre balles tirées au jugé à travers la porte de toilettes.

Pistorius a toujours affirmé avoir tiré par erreur, croyant faire feu sur un cambrioleur. La juge a accepté sa version et n'a pas retenu l'accusation de meurtre, se contentant de "l'homicide involontaire par négligence".

Les audiences doivent durer plusieurs jours où le procureur pourra lui aussi citer des témoins pour tenter d'influencer la juge en faveur d'une peine plus lourde.

La défense a aussi fait citer le manager Pete Van Zyl qui a énuméré les nombreuses oeuvres de charité auxquelles Pistorius consacrait une partie de son temps avant le drame et fait le portrait d'un athlète au grand coeur qui "redonnait espoir, et même plus, donnait des conseils" aux nombreuses personnes qui le sollicitaient.

Ces audiences ont une importance capitale pour Pistorius, car dans le cas d'un homicide involontaire, la peine peut aller d'une simple amende à plusieurs années de prison ferme, à la discrétion du juge. 

Star du handisport mondial avant son arrestation, Pistorius a passé en tout et pour tout huit jours en détention au commissariat à Pretoria après le drame du 14 février 2013. Il est en liberté sous caution depuis.

AFP

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