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Centrafrique: timide retour

Bangui a connu lundi matin un timide retour à la normale après les violences de la semaine dernière qui ont fait une dizaine de morts et paralysé la capitale centrafricaine, a constaté un correspondant de l'AFP.

La reprise des activités des transports en commun - taxis, motos-taxis et bus - amorcée dimanche en fin d'après-midi s'est confirmée avec plus de véhicules en circulation dans la majeure partie de la ville, survolée en permanence par des hélicoptères des forces internationales.

Malgré une pluie diluvienne, de nombreux piétons marchaient également sur les principales avenues pour se rendre au travail ou au marché. La nuit de dimanche à lundi a été nettement plus calme que les précédentes, seuls quelques tirs sporadiques d'origine indéterminée étant entendus.

Quelques barricades érigées la semaine dernière par des manifestants étaient toujours visibles.

En réaction à des meurtres attribués à des musulmans, des barricades avaient été érigées par des individus se réclamant des milices majoritairement chrétiennes anti-balaka, mardi et mercredi dans les quartiers nord de la capitale, puis jeudi dans le centre-ville.

Excédés par les agressions dont ils sont l'objet, les chauffeurs de taxis banguissois s'étaient de leur côté mis en grève, paralysant la capitale.

Des affrontements violents ont opposé les manifestants se revendiquant des anti-balaka aux forces étrangères (françaises, européennes et onusiennes) déployées à Bangui. Ces violences ont été accompagnées de pillages de commerces et d'habitations.

Les violences, les plus fortes depuis la fin août, ont fait au moins dix morts, dont un Casque bleu pakistanais. Elles ont très nettement diminué en intensité depuis samedi.

Dimanche le Premier ministre centrafricain, Mahamat Kamoun, avait appelé la population à reprendre ses activités dès lundi.

La Centrafrique, ancienne colonie française au fort potentiel minier et agricole, a plongé dans un chaos sans précédent début 2013 avec l'arrivée au pouvoir de la Séléka, une coalition rebelle à majorité musulmane, qui a pillé et placé le pays en coupe réglée jusqu'à son départ sous la contrainte en janvier 2014.

Mais les troubles intercommunautaires se sont poursuivis, des milices majoritairement chrétiennes persécutant à leur tour les musulmans.

 

 

 

AFP

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