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La photocopieuse qui fabriquait des bols dans le Sahara

Faire du Sahara la première usine du monde, ce n’est pas pour tout de suite. Mais Markus Kayser, un designer industriel bricoleur qui a étudié au Royal College of Arts de Londres, teste dans une vidéo de 6 minutes publiée sur le site io9 le 27 juin 2011 la première fabrique portative d’objets en verre. Utilisant les matériaux bruts disponibles au milieu des dunes (la silice contenue dans le sable et le soleil) il a mis au point un processus de vitrification inédit.

A Siwa, dans le désert égyptien à l'est de la vallée du Nil, Markus Kayser débarque avec une petite camionnette blanche. Il en sort une machine insolite: une photocopieuse munies de deux panneaux photovoltaïques de part et d'autre, et surmontée d'une large lentille de verre.

Que vient faire une photocopieuse 3D dans cette production écologique en plein Sahara? La machine sert en fait à choisir et à dessiner la forme de l’objet à fabriquer. A la différence près que dans le processus conçu par le jeune designer, le laser habituel de la photocopieuse est remplacé par les rayons du soleil —concentrés par la lentille en un seul faisceau— et le papier à imprimer par du sable.

Pour la fabrication d’un bol en verre, il suffira donc de mettre en marche la photocopieuse grâce à l’énergie recueillie par les panneaux photovoltaïques et de remplir de sable la vitre supérieure de l'engin. Une fois la forme de l’objet à réaliser choisie, le rayon solaire (qui suit les lignes d'un bol) met en fusion le sable, qui se solidifie. Bien sûr, à ce stade, le bol n'a pas l'apparence du verre transparent tel qu'on a l'habitude de le voir, mais il en a la solidité.

La machine solaire de Markus Kayser peut fabriquer tout type d’objet en verre, de la forme la plus simple à la plus sophistiquée, et ne nécessite qu’une personne pour son fonctionnement.

Une manière simple et rusée d’exploiter les ressources surabondantes du désert. A l’heure où le réchauffement climatique risque d’étendre les zones désertiques du continent africain, voilà une idée qui pourrait faire des émules.

Lu sur io9