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Centrafrique: nouvelle flambée de violences

Bangui était de nouveau secouée jeudi par des violences intercommunautaires qui ont fait au moins sept morts et plusieurs dizaines de blessés en deux jours, provoquant de nouveaux déplacements de populations après des semaines d'accalmie en Centrafrique.

Les autorités de transition, fragilisées par de récentes accusations de détournements de fonds publics et dont les principaux groupes armés du pays ont réclamé la démission, ont dénoncé jeudi "un grand complot contre le peuple centrafricain" au moment où la capitale se remettait d'un an et demi de troubles.

La nouvelle flambée de violences a fait au moins sept morts depuis mardi soir, dont deux tués dans la nuit de mercredi à jeudi, selon la force de l'ONU Minusca. 

La capitale s'est embrasée après qu'un motard musulman eut attaqué des passants à la grenade en pleine rue. Le lendemain, un jeune conducteur de taxi a été tué par des hommes armés, également musulmans, qui ont incendié des dizaines de maisons, selon une source onusienne.

En réaction, des barricades ont été érigées sur certaines avenues du centre-ville et dans les quartiers nord, fief des anti-balaka, ces milices majoritairement chrétiennes formées en 2013 pour chasser du pouvoir la rébellion de la Séléka à dominante musulmane.

"Nous sommes sur le terrain, et c'est un peu tout le monde qui tire", indiquait jeudi matin une source de la gendarmerie locale, alors que le calme n'était toujours pas revenu dans l'après-midi. 

Le ministre de la Sécurité publique Thierry Métinkoué a appelé la population à "garder le calme" face à ces violences, les plus meurtrières qu'a connues la capitale centrafricaine depuis la fin août, où cinq personnes avaient été tuées au cours d'accrochages entre des soldats européens de l'Eufor-RCA et des hommes armés.

"Le gouvernement appelle la population à garder le calme et à vaquer librement à ses occupations. Les forces de défense et de sécurité sont mobilisées pour garantir la sécurité", a-t-il assuré.

Mais la plupart des quartiers de Bangui se sont vidés de leurs habitants, en direction des quartiers sud --jugés plus sûrs-- ou des camps de déplacés. Des femmes et des jeunes enfants, baluchons sur la tête, continuaient jeudi de fuir les secteurs touchés par les violences.

- 'Grand complot' -

 

Selon des sources sécuritaires, des anti-balaka tentaient jeudi après-midi de contourner les patrouilles des forces internationales pour rejoindre le PK5, l'enclave musulmane de la ville, afin d'en découdre.

L'Eufor-RCA a averti dans un communiqué que "ceux qui utilisent les outils de la mort pour s'opposer à cette force pour la paix recevront une réponse immédiate et proportionnée à leur attaque".

Bangui, ravagée depuis un an et demi par de terribles affrontements, exactions et pillages, et vidée de la plupart ses habitants musulmans traqués par les anti-balaka, retrouvait un semblant de normalité depuis plusieurs semaines. 

Signe de cette amélioration, les commerçants musulmans contraints à l'exil forcé au Cameroun et au Tchad voisins, reviennent par petites vagues dans l'espoir de reprendre leur vie d'avant.

"C'est un grand complot qui est lancé contre le peuple centrafricain. Nous étions au courant de la préparation de ce complot depuis longtemps et tous les moyens ont été utilisés pour le mettre en exécution", a réagi jeudi le Premier ministre Mahamat Kamoun.

"Au moment où la vie a repris normalement à Bangui, les activités économiques ont repris, les ennemis du peuple ne sont pas d'accord", a-t-il accusé sur une radio privée, s'appliquant à ne citer personne nommément.

Les autorités, régulièrement pointées du doigt pour leur incapacité à ramener l'ordre et à redresser un pays qui vit sous perfusion de l'aide internationale, ont encore perdu en crédibilité après la disparition présumée de plusieurs millions de dollars donnés par l'Angola.

Les anti-balaka et leurs ennemis jurés de la Séléka, chassée du pouvoir en janvier 2014 par l'arrivée des forces internationales, ont réclamé à quelques jours d'intervalle la démission de la présidente de transition Catherine Samba Panza, principale visée par les allégations de détournement.

"L'état-major des forces républicaines ex-Séléka demande purement et simplement que la présidente de transition et son gouvernement démissionnent de leurs fonctions", a déclaré jeudi Younous Ngardia, conseiller à l'état-major de la Séléka.

 

 

 

AFP

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