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Le Mali demande

Bamako a demandé mercredi à l'ONU le déploiement d'une "force d'intervention rapide" dans le nord du pays, pour contrer la montée en puissance des jihadistes qui ont mené une série d'attaques meurtrières contre la Mission des Nations unies au Mali (Minusma).

"Peut-être le Conseil (de sécurité) devrait-il envisager la mise en place d'une Force d'intervention rapide capable de lutter efficacement contre les éléments terroristes?", s'est interrogé le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, qui s'adressait au Conseil par vidéo-conférence depuis Bamako.

"Au regard du retour en force des jihadistes", le Conseil doit "prendre urgemment les mesures nécessaires afin que la Minusma soit dotée de moyens appropriés pour exécuter pleinement son mandat", a affirmé M. Diop. Il a réclamé "dans les meilleurs délais possibles, la révision du mandat de la Minusma et le renforcement de ses capacités".

Neuf membres nigériens et un membre sénégalais de la Minusma ont été tués dans des embuscades depuis début octobre dans le nord du Mali.

Le patron des opérations de maintien de la paix des Nations unies Hervé Ladsous, qui s'adressait aussi au Conseil depuis Bamako, a réaffirmé que l'ONU entendait bien renforcer les moyens de protection et d'action de ses Casques bleus au Mali, en particulier contre les engins explosifs, mais sans donner de détails.

"Nous faisons face à toute une série de menaces: roquettes tirées à l'aveuglette, obus de mortiers, attentats suicides, embuscades", a-t-il énuméré.

Selon des diplomates, lors des consultations à huis clos qui ont suivi, M. Ladsous a précisé que la Minusma devait recevoir des hélicoptères de transport et d'attaque ainsi que des véhicules blindés supplémentaires et des drones à long rayon d'action. Les discussions ont aussi porté sur "un renforcement des règles d'engagement de la Minusma".

Dans son allocution devant le Conseil, M. Ladsous a lancé un appel général à l'aide, demandant notamment aux groupes armés qui participent aux négociations d'Alger avec le gouvernement et aux voisins du Mali de faire en sorte que "la Minusma ne soit plus une cible".

Pour l'instant, a-t-il constaté, avec un contingent français en diminution et des militaires maliens qui brillent par leur absence au Nord, la Minusma se retrouve seule en première ligne.

 

- Rythme des attaques intense -

 

La Minusma a subi deux attaques en cinq jours. Au total, selon M. Ladsous, 31 membres de la Mission ont été tués et 66 blessés depuis son déploiement en juillet 2013.

Le rythme de ces attaques "est un des plus intenses" constatés dans une opération de maintien de la paix, a-t-il souligné.

Seule la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) dispose d'une force de réaction rapide, sous la forme d'une brigade d'intervention forte de 3.000 hommes et au mandat offensif. Celle-ci a grandement contribué à mettre en déroute l'an dernier le mouvement rebelle congolais M23 dans l'est de la RDC.

Mais la Monusco, en place depuis 1995, est l'une des plus importantes missions de l'ONU, avec environ 22.000 soldats, observateurs militaires et policiers.

L'effectif autorisé de la Minusma est bien inférieur --11.200 militaires et 1.440 policiers-- et elle n'a pas encore atteint sa pleine capacité (9.300 soldats et policiers seulement au 31 août 2014). 

Aux termes des résolutions de l'ONU, les soldats français présents au Mali depuis l'intervention militaire française de janvier 2013 contre les jihadistes dans le Nord peuvent lui prêter main forte "en cas de danger grave et imminent".

Son mandat a été prolongé jusqu'au 30 juin 2015 mais, dans son dernier rapport sur le Mali, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon déplorait un manque d'hélicoptères pour la Minusma.

MM. Diop et Ladsous ont tous les deux souligné l'importante de mener à bien les négociations qui reprennent à la fin du mois à Alger. Mais gouvernement et groupes armés "sont toujours en train de camper sur des positions de principe", a déploré M. Ladsous qui leur a demandé "des efforts véritables et crédibles pour trouver un compromis".

Pour M. Diop, l'ONU doit faire pression sur ces groupes pour qu'ils "négocient de bonne foi" et "se démarquent des groupes terroristes (...) sous peine de sanctions".

AFP

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