mis à jour le

Mozambique: résurrection surprise d'Afonso Dhlakama avant la présidentielle

Après deux ans passés dans le maquis, Afonso Dhlakama, candidat pour la cinquième fois à la présidentielle au Mozambique, fait un tel tabac à chaque meeting que les observateurs se demandent s'ils ne l'avaient pas enterré un peu trop vite.

Le scrutin présidentiel se tiendra mercredi prochain avec les législatives, dans ce pays d'Afrique australe très étendu, dépourvu d'industries mais en pleine mutation économique grâce à son charbon et ses énormes réserves de gaz off-shore.

Au pouvoir depuis l'indépendance en 1975, le Frelimo exerce toujours son hégémonie sur la vie politique et économique. Le parti part favori des élections, même si sa tête d'affiche Felipe Nyusi, ex-ministre de la Défense et probable successeur de l'actuel président Armando Guebuza, est le moins connu des candidats.

M. Dhlakama, 61 ans, leader de la Renamo, l'ancienne guérilla convertie en parti parlementaire à la fin de la guerre civile en 1992, jouit en tout cas d'une notoriété bien supérieure, draînant des foules immenses dans son sillage.

Outre MM. Dhlakama et Nyusi, le nouveau maire de Beira Daviz Simango se présente pour le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM), troisième force politique du pays et en passe de briser le duopole historique formé par le Frelimo et la Renamo.

Caché dans le massif du Gorongonsa (centre) d'où il exerçait un chantage à l'insécurité sur le gouvernement, M. Dhlakama a fait un retour triomphal le 4 septembre à Maputo, la capitale. 

Le lendemain, il signait un accord de paix lors d'une cérémonie d'un faste rare, mettant fin à des affrontements sporadiques qui ont fait plusieurs dizaines de morts en 2013 et inquiété les investisseurs étrangers: la multinationale anglo-australienne Rio Tinto a jeté l'éponge.

Le surlendemain, M. Dhlakama se lançait dans une campagne électorale aussi tardive que populaire.

Dimanche dernier, à Beira, la deuxième ville du pays, des milliers de gens venus l'attendre à l'aéroport, ont débordé le cordon de police pour envahir la piste au moment où son avion se posait.

A 900 kilomètres de là, dans le nord-ouest du pays, Angonia près de la frontière avec le Malawi a vécu des scènes identiques. 

Dans la province de Tete, également dans le nord-ouest, où trois mines de charbon géantes ont vu le jour, exploitées par le géant brésilien Vale et des groupes indiens, la télévision a montré la population montée sur les toits pour mieux voir le vieux guérillero. 

Dans la province de Sofala (centre), meurtrie en 2013 par les affrontements armés entre les hommes de M. Dhlakama et les forces de sécurité, un habitant de Muxungue, Obete Samuel, a également confié n'avoir jamais vu autant de monde: "Il était attendu comme le messie".

"Personnellement je pensais qu'il était sur la touche", a commenté Antonio Francisco, chercheur à l'Institut d'études économiques et sociales (IESE). Mais, "il s'est politiquement auto-ressuscité" et sa campagne est "une tornade d'émotions".

Selon lui, personne depuis l'ancien président Samora Machel, mort dans un mystérieux accident d'avion en 1986, n'avait autant mobilisé.

 

- Un message pertinent -

 

L'étonnement est d'autant plus grand que M. Dhlakama était en perte de vitesse avant de prendre le maquis, passant de 47% des voix à la présidentielle 1999 à 16% en 2009.

"Il n'a pas de T-shirts (à donner aux gens), pas de musique, rien", ajoute M. Francisco, mais "beaucoup de jeunes trouvent qu'il dit des choses qu'ils ont eux-mêmes peur d'exprimer. C'est très intéressant".

Usant d'un ton plus modéré que lors de ses précédentes campagnes, le candidat promet notamment aux riverains des grandes houillères qu'ils profiteront davantage des richesses du sous-sol s'il est élu.

"Le message est concret, pertinent et positif", observe Joseph Hanlon, l'un des analystes les plus attentifs de la vie politique mozambicaine. "Il y a un changement d'attitude qui va attirer les électeurs".

Il n'est pas sûr cependant que ces meetings de masse se transforment en votes le 15 octobre. Beaucoup de gens sont mus, selon les observateurs, par la curiosité et l'envie de voir en chair et en os une figure de la vie politique que la rumeur a donnée un temps pour mort.

"C'est un one man show, c'est ça le problème", estime M. Hanlon.

L'autre problème tient aux rêves de victoire que cela entretient parmi les supporters de la Renamo. Un jeu dangereux en cas de défaite.

 

AFP

Ses derniers articles: Ethiopie: la famine menace alors que l'argent des humanitaires s'épuise  Maroc: les critiques se multiplient contre la "répression" dans le nord  Coupe des Confédérations: Achille le chat remplace Paul le Poulpe 

présidentielle

AFP

Côte d'Ivoire: retour dans son parti d'un ex-candidat

Côte d'Ivoire: retour dans son parti d'un ex-candidat

AFP

Kenya: huit candidats approuvés pour la présidentielle d'août

Kenya: huit candidats approuvés pour la présidentielle d'août

AFP

Présidentielle au Rwanda: les candidats contrôlés sur les réseaux sociaux

Présidentielle au Rwanda: les candidats contrôlés sur les réseaux sociaux

résurrection

[email protected] (Smaïl Medjeber)

Cause amazighe : Naissance, disparition et résurrection de la revue Abc Amazigh.En blog

Cause amazighe : Naissance, disparition et résurrection de la revue Abc Amazigh.En blog

Actualités

Le CPR à Sfax : Seul le jour de la Résurrection empêchera l’adoption de la loi sur l’immunisation de la Révolution

Le CPR à Sfax : Seul le jour de la Résurrection empêchera l’adoption de la loi sur l’immunisation de la Révolution

surprise

AFP

Tunisie: démission surprise du président de l'instance électorale

Tunisie: démission surprise du président de l'instance électorale

AFP

Sierra Leone: une divine surprise de 709 carats, pour une vente "propre"

Sierra Leone: une divine surprise de 709 carats, pour une vente "propre"

AFP

Somalie: visite surprise de Boris Johnson

Somalie: visite surprise de Boris Johnson