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Le premier malade d'Ebola hors d'Afrique, cas d'école de la contamination au Liberia

Le premier cas d'Ebola signalé hors d'Afrique, un Libérien qui a déclaré la maladie aux Etats-Unis, très probablement contaminé en tentant de faire hospitaliser une malade, illustre le cercle vicieux de la propagation en Afrique de l'Ouest.

Contrairement aux volontaires et médecins étrangers contaminés en Afrique et évacués vers l'Europe ou les Etats-Unis, Thomas Eric Duncan a déclaré la maladie après son arrivée à Dallas (Texas, sud), où il est en isolement depuis le 28 septembre dans un hôpital qui a qualifié samedi son état de très grave".

Il est entré en contact avec le virus quelques jours avant son départ le 19 septembre en portant assistance à Marthalyn Williams, fille de son bailleur, à Paynesville, une banlieue de l'est de Monrovia, la capitale, selon la famille Williams.

Avant de mourir, Marthalyn, enceinte, a contaminé quatre personnes qui ont succombé, et ses parents sont actuellement soignés dans un centre de traitement d'Ebola, ont indiqué les autorités.

La mère de Marthalyn Williams l'a emmenée dans une clinique, où "elle a commencé à convulser. Alors la clinique a dit que comme elle était enceinte et qu'elle avait des convulsions il fallait l'emmener dans un grand hôpital", raconte Anna Diah, la tante de la défunte jeune femme.

"C'est alors qu'ils ont appelé un taxi et l'ont mise dedans. Eric, le père et le frère sont montés dans la voiture, ainsi que la mère", ajoute Mme Diah.

Le père, le frère, la mère de Marthalyn Williams, accompagnés de Thomas Eric Duncan, l'ont alors emmenée en taxi "mais personne n'a pu la prendre nulle part", tous les établissements de soins étant saturés, poursuit la tante.

"Ils l'ont ramenée à la maison. C'est comme ça qu'Eric est entré en contact avec la fille" et la maladie, conclut-elle.

Ce scénario tristement banal ressemble à un calque de la situation relatée le 9 septembre par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) au sujet du Liberia, le pays le plus touché, qui compte à présent pour près des deux tiers des quelque 3.300 morts de l'épidémie en Afrique de l'Ouest.

"A Monrovia, des taxis remplis de familles entières, dont certains membres probablement contaminés par Ebola, sillonnent la ville à la recherche d'une place", s'alarmait l'OMS, soulignant que les malades renvoyés chez eux "contaminaient inévitablement" leur entourage.

- "Le système ne marche pas" -

 

A cause du manque d'ambulances, de nombreux malades - lorsqu'ils en ont les moyens, dans ce pays pauvre - prennent les transports en commun ou des taxis, répandant dans les véhicules le virus, qui peut y survivre plusieurs heures.

Plusieurs soignants de Médecins sans frontières (MSF), en pointe dans la lutte, qui a installé un centre à Paynesville, ont décrit à l'AFP ces patients arrivés en taxi, dans lesquels ils avaient vomi, déféqué et parfois rendu l'âme.

Les humanitaires tentent alors de désinfecter les voitures, mais certains chauffeurs, terrifiés, préfèrent partir sans délai. Autant de nouvelles sources de contamination futures, pour eux et leurs clients.

Depuis, l'"Unité spéciale Ebola" ("Ebola Task Force") du quartier a retrouvé cinq personnes entrées en contact avec Marthalyn et les a "placées en observation pour 21 jours", la durée maximale d'incubation du virus, indique un de ses membres, Peter Blidi.

M. Blidi dénonce un "gouvernement très inerte face à cette épidémie". "Au départ, nous avons signalé ces cas au gouvernement mais il a fait la sourde oreille", dit-il, "alors nous agissons au niveau du quartier".

Un avis partagé par Laurence Sailly, chef du centre MSF de Paynesville, qui critique "la vitesse de réaction des ambulances", toujours non satisfaisante "parce que c'est mal organisé".

Idem pour la répartition des malades: la plupart des centres sont saturés alors que celui de MSF a des dizaines de lits vides. "Le système ne marche pas", assène Mme Sailly, alors que "c'est de la logistique de base".

Pour ne rien arranger à la saturation, les autorités de la province de Bomi, au nord-ouest de Monrovia, ont dû annoncer samedi la fermeture de deux cliniques pour la sécurité du personnel, à la suite du décès dû à Ebola de deux praticiens.

MSF estime que jusqu'à deux tiers des personnes contaminées pourraient ne jamais atteindre un centre de traitement.

AFP

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