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Les Bourses africaines attisent la convoitise des investisseurs occidentaux

La manne potentielle liée au développement des Bourses africaines attise la convoitise des investisseurs occidentaux mais les défis sont encore nombreux pour que ces marchés trouvent leur place dans la finance internationale. 

Désireux de financer leur développement, les gouvernements africains ont trouvé une oreille attentive du côté des acteurs financiers américains et européens, en quête de placements rémunérateurs.

Aiguillonnés par des perspectives de croissance dont peu de pays peuvent encore se targuer, ils sont prêts à se lancer sur ce continent encore jugé risqué et souvent qualifié de "marché de frontière".

"Les Américains commencent à regarder, tout le monde regarde, car c'est le dernier grand territoire avec beaucoup d'opportunités de croissance rapide", résume Hubert Segain, associé du cabinet Herbert Smith Freehills.

Dans cet environnement dynamique, les places boursières se sont développées significativement. "Dans les années 90, il n'y en avait qu'une dizaine, aujourd'hui elles ont plus que doublé", détaille M. Segain.

Mais les défis sont proportionnels aux gains potentiels.

"Le premier écueil est de voir l'Afrique comme une seule entité. Elle regroupe des zones géographiques très différentes avec des niveaux de stabilité politique et économique très variés", estime Anthony Attia, PDG d'Euronext Paris.

Autre "problème majeur: la liquidité. Car il n'y a pas assez d'acteurs. Les fonds d'investissement actifs sont essentiellement locaux. Leur nombre est réduit et il y a très peu de fonds étrangers intervenant sur les marchés boursiers africains", souligne Jean-Jacques Essombè, associé du cabinet Orrick Rambaud Martel.

"L'Afrique du Sud est de loin le marché le plus développé avec environ 400 valeurs", suivie par l'Egypte (214) et le Nigeria (187), détaille M. Segain. En termes de capitalisation, l'Afrique du Sud est toujours en tête avec près de 378 millions de dollars, suivie par le Nigeria (plus de 80 millions) et le Maroc (environ 56 millions), selon Paris Europlace.

"Les niveaux de capitalisation sont faibles, tout comme les volumes de transactions, ce qui représente un frein pour les investisseurs", relève Karim Zine-Eddine, directeur des études de Paris Europlace.

Car dans un marché qui ne compte pas assez d'acteurs ou suffisamment de flux financiers, les investisseurs sont privés de souplesse. S'ils veulent vendre par exemple un grand nombre d'actions, ils ne sont pas sûrs de trouver preneur.

La variété des systèmes juridiques et fiscaux couplée à l'insuffisance d'infrastructures financières constitue encore un obstacle.

"Pour rendre plus actif le marché boursier, un certain nombre de mécanismes (financiers) font encore défaut" et "il faudrait aussi davantage de régulation, mais sans excès, car elle doit intégrer des aspects culturels propres aux pays concernés", explique M. Essombè. 

- "Course à l'armement financier" -

 

Si la solution semble passer par des regroupements régionaux, une place boursière est souvent vue "comme un outil de souveraineté", du coup il y a "une sorte de +course à l'armement financier+" entre les pays, complète M. Segain.

En la matière, la BRVM (Bourse régionale des valeurs mobilières) basée en Côte d'Ivoire, fait figure d'exemple, en regroupant 8 pays d'Afrique francophone.

"Il y a aussi une concurrence entre les grandes places occidentales pour prendre leur part du développement à venir", constate Alain Pithon, secrétaire général de Paris Europlace.

Car l'émergence des Bourses passe aussi par des partenariats et des doubles cotations, une dans un pays africain, une sur une grande place européenne ou américaine.

"La Bourse de Londres a eu plus de 10 vraies entrées en Bourse de sociétés africaines ou de sociétés dont les actifs sont en Afrique", mais elle "fait énormément de marketing" pour "faciliter les doubles cotations", affirme M. Segain.

"La double cotation est une voie que nous explorons mais le c½ur de notre approche" se base "sur le partage de bonnes pratiques et l'échange de technologies", affirme pour sa part le PDG d'Euronext Paris, alors que l'opérateur a signé en mars un accord de coopération avec la Bourse d'Alger et doit équiper celle de Tunis ainsi que trois autres places au Moyen-Orient.

"Le plus important est de travailler d'abord sur un écosystème local et de ne pas essayer de calquer des modèles internationaux", ajoute-t-il.

"A qui s'adresse-t-on ? s'interroge Pascal Agboyibor, un associé de Orrick Rambaud Martel.  "Cette question devrait toujours se poser, car la panoplie n'est pas forcément la même" pour "un investisseur local ou  un fonds d'investissement américain".

 

 

 

 

 

AFP

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