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Zambie - Le retour de l'homme blanc

Un homme blanc est en passe de devenir le deuxième homme le plus puissant de Zambie, pays d'Afrique australe situé au sud de la RDC. Guy Scott a été nommé vice-président de Zambie par le nouveau président élu le 20 septembre, Michael Sata, noir et opposant zambien historique surnommé le «roi Cobra». Guy Scott a largement gagné les élections du mois dernier dans sa circonscription.

C'est une personnalité politique populaire. Il descend d’une famille d’immigrants britanniques en Rhodésie du Nord. Son investiture à la vice-présidence zambienne devrait pousser les autres pays africains à mettre un terme à leurs ressentiments liés à la période coloniale, ajoute le quotidien britannique The Guardian.

Effectivement, Guy Scott est le premier homme blanc sur le continent africain à atteindre les hautes commandements du pays depuis la fin de l’apartheid en 1994 en Afrique du Sud avec l'élection de Nelson Mandela.

Guy Scott est un indigène blanc de Zambie, membre du parti du Front patriotique. Avant d’être vice-président, on lui avait déjà confié le ministère zambien de l’Agriculture en 1991 et 1995. Son père, originaire de Glasgow, avait immigré en Rhodésie en 1927. Il travaillait dans les chemins de fer. Il devient rapidement un leader politique, en parallèle d’une carrière d’avocat.  

L’arrivée de Guy Scott, grand-père de 67 ans, dans les hautes sphères du pouvoir ne passe pas inaperçue car la majorité des responsables du pays sont noirs. Mais selon Guy Scott, la Zambie est en train d’écrire un nouveau chapitre de son histoire. «Depuis longtemps je perçois que la Zambie passe d’une société postcoloniale, à une société plus cosmopolite.»

«Les avis du peuple changent (…) Il y a une palette de couleurs, alors quoi?», ajoute le vice-Président.

Reste que les paroles du vice-président peuvent irriter certains Zambiens. Surtout quand Guy Scott déclare:

«Les gens sont nostalgiques, non pas de l’exploitation et de la division, mais du standard de vie qu’a offert l’époque coloniale. Quand vous alliez dans un hôpital, il y avait des médicaments, quand vous alliez à l’école, il y avait des livres ; quand vous alliez dans les boutiques, il y avait de bonnes choses à acheter.»

Lu sur The Guardian