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Centrafrique: la communauté internationale promet son aide mais veut des avancées

La présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza est venue s'assurer vendredi à l'ONU du soutien de la communauté internationale, qui laisse percer quelques signes d'impatience face à la lenteur des progrès dans ce pays toujours déliquescent.

Elue en janvier 2014 à la tête d'un pays plongé dans le chaos et les violences, Mme Samba Panza, dont c'était la première visite à l'ONU, a d'emblée insisté sur la difficulté de sa tâche.

"Je suis dans une situation compliquée sur le terrain, avec une armée absente, des forces de défense et de sécurité complètement démantelées et sans moyen pour ramener la sécurité", a-t-elle dit. 

"Je suis obligée de m'en remettre aux forces internationales pour m'accompagner dans la recherche de la paix et de la stabilisation de mon pays", a ajouté la présidente centrafricaine, qui s'est engagée depuis son élection à oeuvrer pour la paix, la réconciliation et la restauration de l'Etat, dans un pays sous perfusion de l'aide internationale.

La Centrafrique, ancienne colonie française riche en diamants et en uranium, à l'histoire jalonnée de coups d'Etat, a plongé dans un chaos sans précédent début 2013 avec l'arrivée au pouvoir d'une coalition de rebelles à majorité musulmane, qui ont pillé et placé le pays en coupe réglée jusqu'à leur départ, en janvier 2014.

Mais les violences se sont poursuivies avec la constitution de milices à dominante chrétienne, qui ont massacré ou poussé à l'exode les populations musulmanes, assimilées aux rebelles.

Les violences inter-communautaires ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés et réfugiés.

Une force onusienne de maintien de la paix de 7.600 hommes a commencé à se déployer le 15 septembre dans le pays. Quelque 2.000 militaires français sont également déployés en Centrafrique depuis décembre 2013 et ont permis, selon Paris, d'éviter "un génocide".

- "Encore beaucoup à faire" -

"Le peuple centrafricain a encore besoin de la communauté internationale", a lancé Mme Samba Panza lors d'une réunion de haut niveau en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Elle a cependant fait valoir des "résultats palpables" de son action: "retour progressif de la sécurité, réduction du nombre de réfugiés et déplacés, reprise timide des activités socio-économiques, redéploiement progressif de l'administration en province".

A ce plaidoyer, la communauté internationale a répondu par l'assurance de son soutien, mais également par des exhortations répétées à "aller de l'avant" et à "faire redémarrer la machine".

Les soutiens de la Centrafrique manifestent en effet une certaine frustration concernant l'absence d'avancée concrète depuis la signature d'un accord de cessation des hostilités entre toutes les parties, le 23 juillet à Brazzaville.

"Depuis Brazzaville, il ne s'est pas passé grand-chose", a déploré une source diplomatique, s'interrogeant sur "la volonté politique" de l'équipe au pouvoir.

"Il est crucial d'appliquer intégralement l'accord de Brazzaville", a déclaré de son côté le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon en ouvrant la réunion, avant d'engager toutes les parties à s'entendre rapidement sur "la gouvernance et les questions d'Etat de droit".

"Pour que la paix revienne, il est indispensable que les crimes atroces qui ont été commis en Centrafrique soient punis", a-t-il aussi insisté.

Médiateur dans la crise centrafricaine, et l'un des principaux bailleurs de fonds, le Congo a également énuméré des demandes pressantes: "le désarmement, la mise en place de forces armées représentatives, un processus électoral incontestable, sont autant de questions qui attendent des réponses", a déclaré le président congolais Denis Sassou-Nguesso.

Le Tchad et le Cameroun, qui accueillent sur leur sol des centaines de milliers de réfugiés centrafricains, ont aussi demandé des "actes concrets" à la présidente et à la communauté internationale pour avancer.

Quant à la France, elle a estimé, par la voix du chef de la diplomatie Laurent Fabius, qu'il y avait "de gros efforts à accomplir".

"Il faut faire redémarrer la machine", a-t-il dit, concédant que "la présidente de transition fait de son mieux".

Si Paris semble s'être résigné à ce que le calendrier des élections --initialement fixées à février 2015-- ne soit pas tenu, M. Fabius a cependant mis en garde: "si on repousse trop loin l'échéance, elle risque de disparaître".

AFP

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