mis à jour le

Lagos: un télévangéliste pointé du doigt après l'effondrement d'un édifice religieux

Un célèbre télévangéliste nigérian était mis en cause mercredi pour son manque de coopération avec les secouristes et les enquêteurs après l'effondrement d'un de ses immeubles à Lagos, un drame qui a tué au moins 67 Sud-Africains et poussé Pretoria à exiger des comptes.

A Lagos, cinq jours après l'accident, les sauveteurs recherchaient toujours des survivants, à l'aide de pelleteuses et de chiens renifleurs, dans les décombres de l'édifice de la Synagogue Church of All Nations dirigée par TB Joshua, l'un des plus célèbres télévangélistes nigérians, qui compte de nombreuses personnalités africaines parmi ses adeptes. 

Le bâtiment de plusieurs étages, en travaux au moment du drame, servait d'auberge aux fidèles étrangers du prêcheur.

"L'Eglise ne coopère pas du tout avec les secouristes", a déclaré le porte-parole de l'Agence nationale des secours pour la région du sud-ouest, Ibrahim Farinloye. "Durant les trois premiers jours après l'accident, les gens de l'Eglise se sont montrés très hostiles et ont empêché les responsables des secours d'accéder au site".

"Il a fallu que le gouverneur (de l'Etat de Lagos Babatunde Fashola) vienne et menace de  de fermer l'église pour qu'on nous laisse travailler", a-t-il expliqué.

Des vies auraient pu être sauvées si les secouristes avaient pu se rendre plus vite sur les lieux du drame, a-t-il affirmé, précisant que le dernier bilan faisait état de 67 morts et 131 survivants, sans préciser la nationalité des victimes.

Le président sud-africain Jacob Zuma a de son côté annoncé mardi soir que 67 de ses compatriotes étaient morts dans l'accident.

"Notre pays n'a pas connu dans son histoire récente un tel nombre de morts parmi ses ressortissants dans un accident survenu en dehors du pays", a commenté M. Zuma.

L'ambassadeur sud-africain au Nigeria, Lulu Mnguni, a affirmé que ses services n'avaient pu obtenir des informations précises sur le terrain.

Le bilan est encore susceptible de changer, a-t-il averti. "Les chiffres peuvent encore augmenter ou baisser. Nous avons envoyé des personnes en renfort sur le terrain pour nous aider", a-t-il indiqué sur la chaîne d'information eNCA. 

Au moins cinq groupes d'adeptes sud-africains, soit quelque 300 personnes, se seraient trouvés à Lagos au moment de l'effondrement de l'immeuble, selon les autorités.

Selon l'employé d'une agence de voyage sud-africaine qui a souhaité garder l'anonymat, plusieurs survivants ont quitté Lagos dimanche, mais ils étaient encore trop choqués pour parler des circonstances du drame.

"C'est un sujet sensible, ils ne veulent parler à personne de ce qu'ils ont vu, ils sont traumatisés", a-t-il déclaré.

- Un "prophète" auto-proclamé -

L'immense église de TB Joshua, située dans le quartier d'Ikotun, à l'ouest de l'aéroport international de Lagos, accueille chaque année  "des milliers de visiteurs locaux et internationaux", selon son site Internet.

Le prêcheur âgé d'une cinquantaine d'années, qui a arrêté les études au lycée, se fait appeler "le prophète", ou "l'homme de Dieu". Il est connu pour les miracles qu'il réalise en direct à la télévision et pour ses prophéties. Il prétend notamment avoir prédit la disparition de l'avion MH17 de la Malaysian Airlines et les attentats du marathon de Boston.

Il compte de nombreux politiciens africains de haut rang et même des chefs d'Etat parmi ses adeptes. L'ancienne présidente du Malawi, Joyce Banda, le considère comme son "père spirituel".

Le télévangéliste crie au complot, liant l'effondrement de l'immeuble à la présence d'un mystérieux avion sur les lieux peu avant avant l'accident.

Les images d'une caméra de surveillance, diffusées sur Youtube, montrent en effet un avion survolant le bâtiment à quatre reprises entre 11h30 et midi (10H30 et 11h GMT).

La vidéo montre ensuite l'immeuble qui s'écroule, près de 50 minutes plus tard, dans un épais nuage de poussière.

Sur la chaîne de télévision nigériane Channels, Toyin Ayinde, le commissaire de l'Etat de Lagos en charge de l'urbanisme, a déclaré que les autorités locales menaient des vérifications avec l'aéroport international de Lagos sur l'altitude des avions qui survolaient la zone au moment de l'accident.

Des échantillons ont par ailleurs été prélevés sur le bâtiment effondré pour déterminer le matériau utilisé dans la construction. Selon de premières informations, l'accident pourrait être dû à l'ajout de nouveaux étages, bâtis sans que les fondations de l'immeuble aient été renforcées.

AFP

Ses derniers articles: Nigeria: manifestation dans un camp de Maiduguri contre les conditions de vie  Mali: au moins 3 Casques bleus tués dans une attaque  Egypte: lourdes condamnations pour des violences mortelles devant un stade 

édifice

AFP

Effondrement d'un édifice religieux

Effondrement d'un édifice religieux

AFP

Nigeria: 67 Sud-Africains parmi les victimes de l'effondrement d'un édifice

Nigeria: 67 Sud-Africains parmi les victimes de l'effondrement d'un édifice

satarbf

religieux

AFP

Un religieux français mis en examen pour des faits de pédophilie en Afrique

Un religieux français mis en examen pour des faits de pédophilie en Afrique

AFP

Zambie: interdiction d'un rassemblement religieux où était attendu le chef de l'opposition

Zambie: interdiction d'un rassemblement religieux où était attendu le chef de l'opposition

AFP

Sénégal: 22 morts dans un incendie lors d'un rassemblement religieux

Sénégal: 22 morts dans un incendie lors d'un rassemblement religieux