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Kenya: un an après, Nairobi commémore le massacre du Westgate

Film, veillées, concerts... Le Kenya a lancé mardi les commémorations du premier anniversaire du massacre du centre commercial Westgate de Nairobi, attaqué par un commando islamiste de quatre hommes qui allait tenir tête quatre jours aux forces kényanes et tuer 67 personnes.

"Nous étions assis au rez-de-chaussé, à l'Art Café, et nous attendions simplement l'addition quand les tirs ont commencé", raconte une voie féminine en ouverture d'une vidéo de 20 témoignages dévoilée mardi. Suivent les coups de feu, les images, captées par les caméras de surveillance, des assaillants et des premiers civils abattus, étendus dans leur mare de sang.

Vers midi ce samedi 21 septembre, quatre hommes armés de grenades et fusils d'assaut AK-47 font irruption dans le centre commercial, bondé comme tous les week-end de Kényans et d'expatriés venus faire leurs courses ou boire un verre.

Le commando, islamiste, lié aux insurgés somaliens shebab, investit tous les étages des bâtiments, commence à abattre indifféremment hommes, femmes et enfants.

Très vite, une partie de cache-cache s'installe avec les islamistes, aidés par la configuration du bâtiment -- un myriade de magasins et restaurants répartis sur quatre étages dans des galeries donnant sur un grand hall central ouvert.

Il faut quatre jours et plusieurs assauts des forces de sécurité kényanes pour venir à bout du commando. Dans les affrontements, une partie du bâtiment, fragilisé par un incendie, s'effondre. Il faudra des semaines pour dégager les lieux, récupérer les morceaux de corps des victimes et des assaillants, éparpillés sous les gravats.

"En tant que pays, nous sommes solidaires des victimes et des survivants", a déclaré la Première dame kényane, Margaret Kenyatta, lors du lancement des commémorations aux National Museums of Kenya.

"C'est une période de souffrance et de chagrin pour beaucoup, de guérison aussi", a-t-elle ajouté, rappelant que sa famille avait perdu des proches dans l'attaque -- un neveu et sa fiancée. Mais, a-t-elle ajouté, le "peuple kényan" ne se laissera pas "briser".

- Prières et veillées -

Rapidement ce 21 septembre 2013, les shebab, affiliés à Al-Qaïda, revendiquent l'opération, disant agir en représailles à l'offensive militaire kényane lancée contre eux dans le sud somalien deux ans plus tôt. Avec le Westgate, ils s'en prennent aux "infidèles" occidentaux, mais également à un symbole de l'économie nationale et de l'émergence de la classe moyenne.

L'économie kényane, déjà durement frappée par des violences post-électorales meurtrières fin 2007 et début 2008, puis par une grave sécheresse, prend un nouveau coup. D'autant que l'année à venir va être marquée par de nouvelles attaques contre des bus et marchés à Nairobi et Mombasa, sur la côte touristique de l'océan Indien, où des massacres, également attribués aux shebab, sont aussi perpétrés près de l'archipel de Lamu.

"Je veux que le Kenya se retrouve, retrouve la paix, l'harmonie, l'amour, et que des choses comme le terrorisme ne nous arrivent plus jamais", dit dans le film "Our Nairobi" (Notre Nairobi) Kennedy Mungai, alors serveur dans un café du Westgate.

Ranju Shah, également dans le film, veut elle croire que la tragédie a "rapproché" les Kényans. Venue sur place pour un café, elle raconte comment, avec d'autres, elle s'est cachée pendant deux heures. "Tout le monde essayait d'aider tout le monde," et peu importait alors les classes sociales ou religions.

Le film met aussi à l'honneur des civils qui se sont risqués dans le bâtiment pour sauver des personnes prises au piège des tirs.

Parmi eux, Abdul Haji se souvient n'avoir "jamais rien vu" de tel. "C'était comme une zone de guerre, un massacre avait lieu".

Dimanche, un an jour pour jour après le début de l'attaque, des prières seront dites, un concert organisé et commencera une veillée aux chandelles de trois nuits.

Les forces de sécurité kényanes ont été durement critiquées pour leur manque d'efficacité et accusées d'avoir pillé le bâtiment à l'issue du siège.

Mais ce mardi, l'un des principaux quotidiens du pays, The Standard, préfère rendre hommage aux "policiers qui, allés dans le centre commercial pour affronter les terroristes, souffrent encore de profondes blessures physiques et émotionnelles".

Selon enquêteurs et médecins légistes, les assaillants ont tous péri dans les affrontements. Depuis l'attaque, s'est ouvert le procès de quatre autres hommes, accusés, sans avoir pris part à l'attaque le 21 septembre, d'avoir aidé le commando à la préparer. Débuté en janvier, il a plusieurs fois été ajourné mais doit reprendre le 23 septembre.

AFP

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