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L'ONU a besoin d'un milliard de dollars pour stopper Ebola

Près d'un milliard de dollars sont nécessaires pour lutter contre Ebola en Afrique de l'Ouest, le double des fonds demandés il y a moins d'un mois, a annoncé mardi l'ONU, tablant sur 20.000 cas d'ici  fin 2014.

La capacité des trois principaux pays affectés -- Guinée, Liberia et Sierra Leone -- à répondre aux besoins essentiels de la population "est sur le point de s'effondrer", a averti la responsable des opérations humanitaires des Nations unies, Valérie Amos.

Sur les 987,8 millions de dollars (763 millions d'euros) demandés par l'ONU, près de la moitié seront destinés au Liberia.

L'ONU estime que 22,3 millions de personnes vivent dans des régions où le virus a été signalé et ont besoin d'aide.

Les Nations unies ont également plaidé pour une mobilisation internationale encore "plus rapide", alors même que la communauté internationale a récemment intensifié ses efforts, l'Union européenne (UE) exhortant à rattraper "le temps perdu" et les Etats-Unis annonçant l'envoi de quelque 3.000 militaires américains en Afrique de l'Ouest.

Une annonce accueillie avec espoir au Liberia, pays dont l'existence-même est menacée par l'épidémie, selon ses dirigeants.

"L'envoi de soldats américains au Liberia arrive au moment où nous en avons le plus besoin. Regardez notre pays: nous ne savons même pas où nous allons et nous avons perdu espoir",  a déclaré à l'AFP à Monrovia un enseignant, Ebenezer Kollie.

Le président américain Barack Obama, qui devait préciser son plan d'action mardi au Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) à Atlanta, a demandé au Congrès d'approuver un financement de 88 millions de dollars (68 millions d'euros) supplémentaires, portant à 250 millions de dollars la contribution des Etats-Unis.

L'UE a quant à elle prévu de débloquer quelque 150 millions d'euros et a appelé ses Etats membres à chiffrer d'ici à fin septembre de nouvelles contributions.

De son côté, la Chine a annoncé l'envoi de 59 personnes en Sierra Leone, portant à 174 le nombre de ses personnels médicaux dans ce pays, où 165 docteurs et infirmiers cubains sont également attendus.

Pour sa part, le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra une réunion d'urgence jeudi sur l'épidémie.

L'épidémie d'Ebola, la plus grave depuis l'identification du virus en 1976, a tué plus de 2.461 personnes sur 4.985 cas (confirmés, probables, suspects), selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) mardi. Près de la moitié des cas ont été enregistrés au cours des derniers 21 jours. 

L'ONU table désormais sur 20.000 personnes infectées d'ici à la fin de l'année: 16% en Guinée, 40% au Liberia et 34% en Sierra Leone. Elle espère que les contaminations vont diminuer avant la fin de l'année, puis cesser avant la mi-2015.

"Les chiffres peuvent être contenus à des dizaines de milliers mais cela nécessite une réponse beaucoup plus rapide", a déclaré à Genève le Dr Bruce Aylward, sous-directeur général de l'OMS.

"Nous devons empêcher le complet effondrement des systèmes de santé" des principaux pays affectés, a souligné Mme Amos.

Alors que l'épidémie progresse de façon exponentielle, "nous sommes incapable de prédire" la façon dont elle va se répandre, a déclaré la présidente de Médecins Sans Frontières (MSF), Joanne Liu, à Genève.

En outre, "alors que des milliers de personnes meurent d'Ebola, bien plus meurent" des suites d'autres maladies "car les centres de santé ne sont plus opérationnels", a-t-elle averti.

 

- Nouvelle réunion du comité d'urgence de l'OMS -

 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a entrepris d'acheminer de l'aide à 1,36 million de personnes dans les trois principaux pays affectés par l'épidémie.

Seules 148.000 personnes ont pu recevoir de l'aide pour l'instant en raison notamment du manque cruel de fonds.

"Nous attendons les contributions pour continuer à monter en puissance", a expliqué une porte-parole du PAM, Elisabeth Byrs.

De son côté, le comité d'urgence de l'OMS sur Ebola est chargé depuis mardi de "réévaluer la situation" et de "décider si des mesures temporaires supplémentaires doivent être prises pour réduire la propagation internationale". Ses conclusions sont attendues en fin de semaine.

L'OMS avait décrété le 8 août que l'épidémie d'Ebola était "une urgence de santé publique de portée mondiale" et recommandé des mesures d'exception dans les pays affectés sans toutefois appeler à une restriction des échanges commerciaux et des vols des compagnies aériennes.

Le président de la Cedeao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest), le président du Ghana John Mahama, avait plaidé lundi, lors d'une visite en Guinée, pour "la réouverture des frontières et la reprise des vols vers les pays affectés".

Il n'existe aucun médicament ni vaccin homologué contre Ebola. La sécurité sanitaire de deux premiers vaccins sera connue en novembre après des tests. Par ailleurs, l'OMS a autorisé depuis le 5 septembre l'utilisation de traitements à base de sang, comme le sérum de convalescents.

AFP

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