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Ebola: le Liberia dépassé par l'épidémie, le Sénégal soulagé

Impuissance au Liberia, soulagement relatif au Sénégal: les pays africains en proie à l'épidémie d'Ebola tentaient toujours désespérément de ralentir la progression foudroyante du virus.

"Nous sommes bouleversés. Les malades arrivent en grand nombre", constatait mercredi avec accablement Sophie Jan, une porte-parole de l'organisation internationale Médecins sans frontières (MSF) au Liberia.

Dans le centre anti-Ebola de Monrovia, les malades continuent d'affluer, a constaté l'AFP, alors que le Liberia est le pays aujourd'hui le plus durement touché par l'épidémie.

La veille devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le ministre libérien de la Défense avait exprimé le désespoir de son pays: Ebola "se propage comme un feu de forêt, dévorant tout sur son passage", s'est alarmé Brownie Samukai, ajoutant: "l'existence du Liberia est gravement menacée".

Le Liberia "n'a pas assez d'infrastructures, de capacités logistiques, d'expertise professionnelle et de ressources financières pour faire face à l'épidémie de manière efficace", a-t-il poursuivi. 

L'épidémie, la plus grave depuis l'identification de cette fièvre hémorragique en 1976, a fait 2.296 morts sur 4.293 cas, dont 1.224 décès dans le seul Liberia, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en date du 6 septembre.

Quatre pays ouest-africains sont désormais touchés par la maladie d'Ebola, partie de la Guinée en début d'année avant d'atteindre la Sierra Leone, le Liberia puis le Nigeria. 

Au grand soulagement des autorités locales, le Sénégal a annoncé la guérison de l'unique cas confirmé d'Ebola dans le pays, un étudiant guinéen qui était traité dans un hôpital de la capitale sénégalaise.

Le Sénégal, après plusieurs fausses alertes, était devenu fin août le cinquième pays touché par l'épidémie de fièvre hémorragique en Afrique de l'Ouest, avec la découverte du cas de cet étudiant guinéen entré dans le pays juste avant la fermeture des frontières avec la Guinée le 21 août.

 

-'Allons nous mourir?'-

 

A Monrovia, la situation était toujours aussi dramatique mercredi, confirmant que le virus trouve un terrain particulièrement favorable dans les pays aux infrastructures de santé défaillantes.

Un patient tenant à peine debout se voit interdire l'accès à un centre de traitement débordé par le nombre de malades.

"J'étais venue pour me soigner mais ils m'ont dit qu'il n'y a plus de place. J'ai des maux de tête et une fièvre. Je vais retourner à la maison", déclare t-il à l'AFP, sous le regard des curieux.

A côté, une femme implore: "Seigneur, aide-nous. Ne nous laisse pas finir comme cet homme et donne lui la force de pouvoir rejoindre sa maison", supplie Grace Samuels.

Beaucoup dans la capitale appellent à renforcer les mesures de prévention. Ces appels se sont multipliés depuis l'annonce lundi par l'OMS que "plusieurs milliers de nouveaux cas d'Ebola sont attendus au Liberia dans les trois prochaines semaines".

"Emmanuel, ne sors pas de la maison aujourd'hui. Assure toi que personne ne va franchir la porte", intime à son fils aîné Kluboh Jonhson, une femme de 45 ans, sur le point d'aller au travail. 

"J'ai peur. Je ne sais pas quoi faire maintenant? Allons-nous mourir?", se demande t-elle.

Malgré la réduction de deux heures du couvre-feu nocturne dans le pays, désormais de 21H00 (locales et GMT) à 06H00, les lieux de loisirs continuaient de désemplir.

"Peu de gens viennent pour boire la bière. Ils ont peur de sortir à cause d'Ebola", constatait mardi soir le gérant d'une buvette à Monrovia.

"Un homme s'est présenté hier soir. Il avait tellement bu, (...) rappelant que des milliers de gens vont contracter Ebola dans les prochaines semaines", a-t-il raconté, en allusion à l'annonce de l'OMS.

L'organisation onusienne a reconnu mardi qu'il serait irréaliste de vouloir arrêter la propagation du virus dans les zones où elle "augmente exponentiellement", comme à Monrovia, et qu'il est prioritaire dans un premier temps de "réduire la transmission".

Par ailleurs, une Nigériane hospitalisée mardi dans le centre de l'Italie, avec des symptômes similaires à ceux du virus Ebola, souffre d'une crise de paludisme, selon les autorités locales.

AFP

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