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Lesotho: la réouverture du parlement retardée, Zuma attendu comme médiateur

Le Premier ministre refusait toujours lundi d'annoncer la date de réouverture du parlement du Lesotho, où le président sud-africain Jacob Zuma devait venir mardi jouer les médiateurs dans la crise ouverte par une tentative de coup d'Etat le 30 août.

"La situation dans le pays n'est pas stable, comment peut-on rouvrir le parlement dans ces conditions?", a déclaré par téléphone à l'AFP le Premier ministre Thomas Thabane, en conflit ouvert avec certains des ministres de la fragile coalition au pouvoir.

"Nous avons un général rebelle qui a pris le maquis avec des armes de l'arsenal du pays et qui refuse de se soumettre à l'autorité. Ce n'est pas le moment de rouvrir le parlement", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, deux sources, gouvernementale à Maseru et diplomatique à Pretoria, ont confirmé à l'AFP que le président sud-africain Jacob Zuma avait l'intention de se rendre mardi au Lesotho pour tenter une médiation entre les différents partis politiques.

Lundi matin, le porte-parole du gouvernement du Lesotho et ministre de la Communication Selibe Mochoboroane, hostile au Premier ministre Thomas Thabane, a déclaré à l'AFP: "Selon la feuille de route, le Premier ministre devait lever la suspension du parlement et donner un préavis de 14 jours aux parlementaires avant la réouverture du parlement le 19 septembre. Tout ce qu'il a fait, c'est de dire qu'il levait la suspension, mais il n'a donné aucune date".

Le Premier ministre Thomas Thabane, qui avait lui-même suspendu le parlement en juin pour éviter une motion de censure, affirme pour sa part que la date doit être annoncée par le roi Letsie III, qui occupe une fonction essentiellement protocolaire dans cette monarchie constitutionnelle.

La situation politique est compliquée par la rébellion de l'ancien chef de l'armée, le général Tlali Kamoli, qui a refusé d'être démis par le Premier ministre et a pris le maquis avec une poignée d'hommes aguerris et des armes. Il s'est réfugié dans les montagnes après avoir dérobé des armes légères, mais aussi des canons antiaériens et des mortiers.

Selon des sources dans les services de renseignement, il contrôle une force spéciale d'élite composée de 40 hommes très bien entraînés, ainsi que les renseignements militaires.

Le nouveau chef de l'armée, le général Maaparankoe Mahaole, a estimé dimanche que seul le recours à la force permettrait de déloger son rival.

"De notre point de vue, les négociations ont échoué. Désormais, je pense que notre seule option est de lancer une opération armée", a expliqué à l'AFP le général Mahaole, qui avait été victime d'une tentative d'assassinat dans la nuit du coup de force, le 30 août.

Il risque cependant d'avoir du mal à convaincre la SADC, l'organisation régionale d'Afrique australe, de fournir un appui militaire. Une précédente demande d'intervention a déjà été rejetée.

Soucieuse d'éviter une flambée de violences à ses frontières, l'Afrique du Sud a tout de même déployé à Maseru des policiers lourdement armés afin de contrôler les points névralgiques de la capitale.

AFP

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