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Tunisie: les investisseurs doivent revenir pour relancer l'économie

La Tunisie s'est stabilisée, après une transition chaotique depuis la révolution de 2011, et mérite de retrouver la confiance des investisseurs pour relancer son économie, a déclaré à l'AFP le Premier ministre Mehdi Jomaa avant une conférence internationale.

A l'occasion de cet évènement ("Investir en Tunisie, start-up democracy") du 8 septembre, "nous attendons tout d'abord un signal fort de l'ensemble de la communauté politique, financière et d'affaires pour dire qu'aujourd'hui, il y a une confiance retrouvée dans l'avenir de la Tunisie", a-t-il déclaré.

"Nous attendons aussi de nos partenaires qu'ils passent réellement à l'acte et investissent dans les projets", a souligné M. Jomaa, arrivé au pouvoir début 2014 pour sortir le pays d'une profonde impasse et conduire la Tunisie vers des élections en fin d'année.

Une trentaine de pays, autant d'institutions internationales mais aussi des dizaines d'entreprises privées ont été invités à participer à la relance de l'économie du pays qui fait figure de dernier espoir du Printemps arabe. Le Premier ministre français Manuel Valls y est attendu en tant que co-organisateur.

Cependant, M. Jomaa s'est refusé à chiffrer ses attentes, soulignant que "les conférences des donateurs, on a vu que ça ne marche pas: elles créent plein d'espoir mais peu de réalisations". "Il ne s'agit pas d'avancer des chiffres mais de susciter l'intérêt" pour les projets qui seront présentés lundi, a-t-il relevé.

 

- 'Quelques années de sacrifices' -

 

La relance de l'économie est d'autant plus cruciale pour la Tunisie que le chômage et la misère étaient parmi les facteurs clé de la révolution de 2011. Or, l'instabilité, les crises et les mouvements sociaux des trois dernières années ont paralysé le pays et nourri l'anémie économique. 

La Tunisie n'a ainsi enregistré que 2,1% de croissance au premier semestre, un niveau inférieur à celui de 2013 et insuffisant pour résorber le chômage, d'autant que les caisses de l'Etat sont vides. Les bailleurs de fonds internationaux attendent aussi des réformes pour réduire le poids de l'Etat dans l'économie et assouplir les règles pour les investisseurs.

M. Jomaa a assuré que le pays était en train d'évoluer "d'un Etat planificateur et sur le plan politique oppresseur, à un Etat qui sera plutôt régulateur". 

"Il y a quelques années de sacrifices dont nous devons sortir. Nous avons travaillé sur la stabilisation macroéconomique et sur la réduction du déficit du budget de l'Etat, mais l'économie porte sur des cycles longs: on prend les décisions aujourd'hui, on en tire les bénéfices dans deux-trois ans", a-t-il rappelé.

 

- 'Nous pouvons recevoir des coups mais nous avancerons' -

 

Interrogé sur les menaces d'attaque jihadistes à l'approche des législatives du 26 octobre et de la présidentielle le 23 novembre, M. Jomaa a assuré que la Tunisie avait pris la mesure du danger et ne risquait pas d'être déstabilisée de nouveau.

"Les risques existent bel et bien mais on est en train de chasser la peur (...) Nous devons avoir une idée claire de la réalité et non pas en avoir peur, car ce que nous sommes en train de bâtir, c'est la négation du modèle que les terroristes et ceux qui sont derrière veulent essayer d'imposer", a martelé M. Jomaa.

Selon le ministère de l'Intérieur, des attentats sont en préparation pour la période électorale. 

Par ailleurs, les forces tunisiennes ne parviennent pas à déloger, malgré de lourdes pertes, un groupe armé lié à Al-Qaïda à la frontière algérienne.

"Ils n'arriveront pas à faire dérailler ce train (...) Nous avons la foi, nous sommes organisés et vigilants. Nous pouvons recevoir des coups mais nous avancerons", a assuré M. Jomaa.

 

AFP

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