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Au Lesotho, les armes ne sont pas complètement rengainées

En 72 heures, le coup de force de l'armée au Lesotho a fait un seul mort, mais malgré la sortie de crise rapidement annoncée depuis Pretoria sous l'égide des pays voisins, les armes automatiques ont continué de parler dans la soirée lundi. 

"Il était environ 20h00 quand on a entendu des tirs", a raconté à l'AFP l'un des rares policiers encore sur place mardi à l'école supérieure de police. 

"L'électricité a été coupée et puis, pendant 30 secondes, on a entendu des tirs à l'arme automatique", a ajouté ce gradé, décrivant cette nouvelle épreuve pour les nerfs des policiers, qui ont perdu l'un des leurs samedi dans le coup militaire. 

Peu avant que les armes ne crépitent autour du bâtiment, un dénouement de la crise par la voie politique venait d'être annoncé par l'organisation diplomatique de l'Afrique australe, la SADC, directement intéressée à maintenir la stabilité de la zone. 

Tout le monde est cependant sorti indemne de l'attaque de l'école de police. 

Mais l'officier rencontré mardi, et qui a demandé à conserver l'anonymat, pariait que les violences n'étaient pas complètement terminées.

"Il y a quelque chose ici qui ne tourne pas rond", a-t-il estimé, comme à peu près tout le monde dans ce petit pays, enclavé en Afrique du Sud, véritable Eden montagneux aux paysages de vallées et hauts plateaux à la beauté saisissante.

De fait, les choses ont dérapé aux premières heures de la journée samedi, quand les militaires ont attaqué plusieurs bâtiments de police, blessant cinq policiers dont l'un mortellement.

L'armée a neutralisé l'arsenal de la police  (AK-47, M16, grenades...), officiellement pour qu'elles ne tombent pas aux mains de militants politiques.

Documents sans surveillance

Le Premier ministre Thomas Thabane, à l'autorité contestée, a fui nuitamment, criant au coup d'Etat et affirmant que son intégrité physique était menacée, même si au final le sang a relativement peu coulé. La population est restée remarquablement calme, s'abstenant de tout pillage ou soulèvement.

Dans la nuit du coup de force, seul le chien du général Mahao, dont la nomination à la tête de l'armée vendredi a été le détonateur de la crise, a été tué quand des inconnus ont mitraillé la maison en briques du gradé. 

Mardi, si la capitale Maseru, peuplée d'environ 250.000 habitants, semblait rendue à la normalité, la tension restait élevée, et la police brillait singulièrement par son absence. 

Pas d'agent, pas de véhicule en patrouille. L'ordre a été donné de rester chez soi, ou de ne pas porter l'uniforme.

Aux guichets déserts du QG central, placardés des habituels avis de recherche, des piles de documents, permis de conduire ou passeports, gisaient sans surveillance.

"On ne peut même pas répondre aux appels", confiait un agent, savourant un plat de tête de mouton à l'arrière du bâtiment avec des collègues en civil. "Aller sur un braquage avec juste un pistolet, c'est vouloir arrêter une rivière avec une épée".

Des enquêteurs chargés d'élucider de récentes attaques au cocktail molotov et de faire la lumière sur l'implication présumée de l'armée ou du rival du Premier ministre, son adjoint Mothetjoa Metsing, se sont quant à eux mis à l'abri en Afrique du Sud.

Avec raison semble-t-il. "Quand ils (les militaires) sont arrivés samedi, c'était clair que les armes n'étaient qu'un prétexte. Ils voulaient savoir où étaient les dossiers", a expliqué un autre officier.

AFP

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