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Liberia:

Dans la lumière du soleil couchant, les voyageurs en partance à l'aéroport international du Liberia, à 55 km de Monrovia, forment de patientes files pour subir les contrôles sanitaires destinés à endiguer l'épidémie d'Ebola.

L'aéroport international Roberts, une ancienne base de l'armée de l'air américaine datant de la Seconde guerre mondiale, est en première ligne pour un nouveau combat: enrayer la propagation de la fièvre hémorragique Ebola qui a déjà fait plus de 1.500 morts depuis le début de l'année en Afrique de l'Ouest, dont 694 au Liberia, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Nous avons mis en place de nombreuses mesures (...) qui se concentrent sur la sécurité de l'avion, la sécurité de l'équipage, la sécurité des passagers et, ce qui est plus important, pour développer la confiance de ceux qui utilisent notre aéroport", souligne Binyah Kessely, directeur de l'Autorité de l'aéroport du Liberia.

Huit des onze compagnies aériennes internationales qui desservaient l'aéroport ont suspendu leurs vols à cause de l'épidémie qui touche désormais cinq  pays ouest-africains --Guinée, Liberia, Sierra Leone, Nigeria et Sénégal.

"Les compagnies qui ont suspendu leurs vols l'ont fait non pas à cause d'un manque de mesures à l'aéroport mais par peur de la propagation" de l'épidémie à cause du caractère très contagieux du virus, affirme M. Kessely.

Pour tenter de regagner la confiance des pays étrangers, les autorités aéroportuaires ont renforcé les contrôles.

- Manque de solidarité interafricaine -

Chaque voyageur est désormais examiné par une équipe d'infirmières au départ comme à l'arrivée.

"Chaque passager remplit un formulaire, nous prenons leur température, ils se lavent les mains et entrent", explique à l'AFP une infirmière, Gloria Nelson.

"Quand votre température est élevée, on vous emmène dans une deuxième zone pour vous poser des questions qui permettront de déterminer la prochaine étape", ajoute-telle.

Les voyageurs s'apprêtant à quitter le Liberia restent stoïques et reconnaissent qu'il vaut mieux subir des contrôles que risquer d'exporter le virus.

"Je pense que c'est bien de prendre ces mesures de sécurité, de manière à ce que chacun puisse se sentir en sécurité quand il voyage", dit une passagère, Catherine Bajar. "Je ne suis pas gênée de subir (les contrôles) tant que les thermomètres fonctionnent correctement".

Musa Bility, le président de l'Association libérienne de football, qui quitte le pays pour ses affaires, estime que les interdictions de voyages édictées par plusieurs pays africains sont le signe d'un manque de solidarité.

"Il est choquant que des pays africains aient interdit de voyager au Liberia. C'est non-africain. En Afrique, nous ouvrons la porte les uns aux autres. Le Liberia a ouvert la porte à ces pays quand ils étaient colonisés", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Alors que nous luttons contre Ebola, ils nous ferment la porte, cela signifie que nous devons revoir notre relation" avec eux, a-t-il ajouté.

Ses propos font écho à ceux du gouvernement libérien qui a qualifié vendredi les annulations de vols de "sérieux problème".

"Des partenaires du gouvernement, nos acteurs économiques nationaux et internationaux ont du mal à quitter le Liberia ou à y venir depuis plus de deux semaines maintenant car la plupart des compagnies aériennes ont annulé leurs vols", a déclaré le ministre de l'Information,  Lewis Brown,  à la radio nationale, ajoutant: "nous sommes étranglés".

AFP

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