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Libye: Amnesty dénonce l'exécution publique d'un homme dans un stade

Amnesty International s'est élevée vendredi contre l'exécution publique en Libye d'un Egyptien accusé de meurtre, attribuée à un groupe jihadiste, estimant que cet acte marque la descente du pays dans l'anarchie totale. 

Dans un communiqué publié vendredi, l'organisation de défense des droits de l'Homme a qualifié de "choquante" la vidéo circulant les réseaux sociaux de cette exécution perpétrée dans un stade de foot de Derna (est) et attribuée au groupe armé, la Choura de la jeunesse islamique de Derna, apparemment lié à Ansar Asharia, classé "groupe terroriste" par les Etats-Unis.

"Ce meurtre illégal confirme les plus grandes craintes des Libyens ordinaires qui, dans certaines parties du pays se trouvent pris entre les groupes armés impitoyables et un Etat en faillite", a déclaré dans le communiqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

La vidéo montre la victime égyptienne, Mohamed Ahmed Mohamed, amené les yeux bandés dans le stade dans un pick-up. Des hommes masqués armés de fusils le forcent à se mettre à genoux sur une civière. Il lui est reproché, dans une déclaration lue, d'avoir poignardé à mort un Libyen, Khalid al-Dirsi, et d'avoir reconnu les faits.

Il est précisé que la Choura avait décidé de l'exécuter à moins qu'il ne soit pardonné par la famille de la victime, qui a refusé de le faire.

Un homme masqué, qu'Amnesty croit être le frère de Khalid al-Dirsi, reçoit alors une arme à poing et tire sur Mohamed Ahmed Mohamed dans la tête ou la nuque.

De nombreuses personnes assistent sur le terrain, dont l'une brandissant la bannière noire et blanche d'Ansar Asharia, et dans les gradins du stade à cette exécution qui s'est déroulée le 19 août, selon Amnesty.

"Ce fut un acte de vengeance brutale et non de justice", a ajouté Mme Hadj Sahraoui, en appelant les autorités libyennes à "faire tout ce qui en leur pouvoir pour rétablir les institutions de l'Etat et la primauté du droit à Derna et ailleurs dans le pays".

Selon Amnesty, les autorités ont perdu le contrôle de Derna depuis fin 2011 et il n'y a plus depuis ni police ni armée dans la ville.

La justice a cessé d'y fonctionner après l'assassinat en 2013 d'un haut magistrat et de menaces répétées contre les juges par des groupes armés, dont Ansar Asharia.

Ce groupe contrôle effectivement la ville, théâtre ces deux dernières années d'assassinats ciblés d'hommes politiques et de dignitaires religieux, selon Amnesty.

 

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