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Libye: les échos de la bataille de l'aéroport rythment le quotidien

Les échos sourds et récurrents des affrontements entre milices rivales pour le contrôle de l'aéroport de Tripoli rythment le quotidien des habitants de la capitale libyenne, occupés à survivre au milieu de coupures d'électricité et de pénuries de carburant.

Le bruit des combats à l'arme lourde entre islamistes et nationalistes s'intensifient ou s'apaisent au gré des jours mais ne cessent jamais. Leur seule marque visible est la colonne de fumée noire qui continue de s'élever de dépôts de carburants en feu au sud de Tripoli depuis qu'ils ont été touchés par des tirs fin juillet.

Le champ de bataille est inaccessible à la presse indépendante, ses bilans impossibles à vérifier et son issue incertaine.

Les assaillants, venus de Misrata (à l'est de Tripoli) épauler leurs alliés islamistes, affirment progresser en direction de l'aéroport, situé à 30 km au sud de la ville, après avoir pris le contrôle d'un pont stratégique et du QG de l'ancienne armée libyenne.

Leurs adversaires, les miliciens nationalistes de Zenten (ouest), déclarent eux tenir toujours l'aéroport et empêcher leurs rivaux de couper leur ligne d'approvisionnement à l'ouest de la capitale.

Les victimes collatérales directes des combats sont les civils qui ont fui nombreux leurs quartiers du sud de Tripoli. Un millier de familles a trouvé refuge à Tarhouna et 700 autres à Bani Walid, selon les autorités de ces villes du sud-est de la capitale.

Pour les autres habitants, ces affrontements accentuent les difficultés de la vie quotidienne.

"Les coupures de courant atteignent 9 heures par jour et on n'est jamais prévenu quand cela arrive", se plaint Ali Tajouri, 60 ans, qui habite dans l'est de la capitale.

"Les coupures étaient moins sévères pendant la révolte contre Mouammar Kadhafi", chassé du pouvoir en 2011, se rappelle cet employé d'une compagnie étrangère.

Ces coupures perturbent la vie à Tripoli où de nombreux commerces ont fermé, où les fonctionnaires ont déserté leurs bureaux et où les services publics sont quasi-absents.

La compagnie nationale d'électricité a mis en garde lundi contre "le risque d'une coupure généralisée si les opérations de maintenance du réseau ne sont pas lancés dans l'est du pays".

 

- Le casse-tête de l'essence -

 

"Quatre heures d'attente et voilà que celui-ci vient de se glisser devant moi", s'emporte un automobiliste devant une station-service du centre-ville.

Très vite, les deux hommes en viennent aux mains et des policiers ont tout le mal du monde à les calmer.

Dans la file d'attente, on peste contre le gouvernement, incapable d'assurer la sécurité dans le pays, où les milices font la loi. Pour des raisons de sécurité, il a pris ses quartiers tout comme le Parlement à Tobrouk, à 1.600 km à l'est de Tripoli, dans une région relativement calme.

Au bout de l'attente, on fait le plein et on se fait tamponner la carte grise pour éviter les trafics mais le marché noir de l'essence fleurit.

"J'ai fait le plein pour 7 dinars (6,6 USD au taux officiel) et cela coûte de 55 à 70 dinars (44 à 56 USD) sur le marché noir", explique Ahmed al-Houni, un chauffeur de taxi qui sollicite souvent les trafiquants pour éviter les longues attentes.

Depuis l'incendie des dépôts du sud de la capitale, qui a fait partir en fumée des millions de litres d'essence, la compagnie de distribution approvisionne Tripoli à l'aide de petits pétroliers qui accostent au port.

Mais ce n'est visiblement pas assez. De nombreuses stations-service ont fermé et celles qui fonctionnent n'ouvrent qu'une fois approvisionnées.

La rareté des carburants pousse les prix à la hausse comme au marché du poisson de Tripoli où les clients marchandent plus que d'habitude et achètent moins, selon les vendeurs.

C'est aussi le cas sur le marché de Bab Tajoura, dans l'est de la capitale, où les fruits et les légumes abondent.

Les Tripolitains continuent malgré tout à vivre et n'hésitent pas à fréquenter le soir les manèges et cafés de la corniche.

Des immigrés résistent aussi, tel Gad, un Egyptien qui tient une blanchisserie dans le centre-ville qui estime qu'"il est plus sûr de rester ici que de prendre la route pour l'Egypte".

AFP

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