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Les criminels ivoiriens n'échapperont pas à la CPI

«Exilés, quittez le Ghana!» Le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara (ADO) en visite officielle au Ghana, pays voisin qui a abrité plusieurs milliers de réfugiés ivoiriens parmi lesquels des proches du président déchu Laurent Gbagbo, a ainsi demandé à ses compatriotes de rentrer au bercail, où désormais règne la «paix», rapporte Abidjan.net. Il les a exhortés à apporter leur contribution au développement du pays. Devant quelques 1.500 ressortissants ivoiriens rassemblés dans une salle de conférence où il tenait son discours. ADO a assuré que la Côte d'Ivoire a retrouvé la sécurité et qu'elle se renforce de plus en plus. 

De retour en Côte d’Ivoire, le 6 octobre, ADO a déclaré que des mandats d’arrêt internationaux de la Cour Pénale Internationale avaient été lancés en accord avec l’Etat de la Côte d’Ivoire et les pays d’accueil des exilés, contre les responsables de crimes de sang lors de la crise postélectorale.

Il a averti qu’il n’y aurait pas d’impunité pour les réfugiés ivoiriens au Ghana qui sont impliqués dans ces violences et a estimé qu’il serait judicieux que ceux-là «prennent eux-mêmes l’initiative de rentrer pour que les choses se passent dans un cadre national». Le président de la Côte d’Ivoire qui s’adressait à la presse dans le salon d’honneur de l’aéroport international Félix Houphouët Boigny a expliqué qu’il n’y aurait pas de passe-droit pour les partisans de Laurent Gbagbo exilés dans le pays voisin.

«Il existe plus de 15.000 réfugiés ivoiriens au Ghana. Les représentants de ces groupes étaient présents à la rencontre que nous avons eue avec eux. Nous les avons conviés à retourner au pays car la Côte d’Ivoire est un pays, un Etat de droit. Ceux qui n’ont rien à se reprocher ne seront pas inquiétés, mais les autres auront à faire face à la justice, dans le respect des droits de l’Homme», a prévenu le président Ouattara.

Interrogé sur la responsabilité des ex-rebelles des Forces Nouvelles, qui aujourd’hui ont rejoint l’armée présidentielle, dans les violences de la crise post-électorale, le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro qui faisait face aux journalistes de RFI et de France 24 a indiqué que le gouvernement serait prêt à les livrer si leur culpabilité est établie.

«Il ne faut pas faire le travail des juges à leur place. Laissons les faire. Si l’enquête révèle qu’un militaire a une responsabilité dans un crime de sang, évidemment que nous serons d’accord que la CPI fasse son travail, et qu’il soit extradé», a-t-il signifié.

Et de préciser que le président de la République ivoirien a été clair sur cette question et que lui-même partage: «il ne faut pas laisser survivre l’impunité».

Lu sur Abidjan.netRFI