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Burundi - Le prisonnier français Patrice Faye hospitalisé

Du fond de sa cellule de Bujumbura, la capitale du Burundi, Patrice Faye a toujours clamé son innocence. Ce Français de 58 ans a été condamné le 25 juillet dernier à 25 ans de prison par la justice burundaise pour le viol de cinq mineures. Patrice Faye doit également verser 14.000 euros de dommages et intérêts aux victimes.

En prison, le Français vit dans des conditions particulièrement rudes. Déjà atteint d’une malformation cardiaque, il a aussi des problèmes de vue et de respiration. La semaine dernière, Patrice Faye a entamé une grève de la faim et sa santé s’est rapidement dégradée. A tel point que le prisonnier a du être transféré à l’hôpital de Bujumbura, apprend-on sur Angop, l'agence de presse de l'Angola. Maître Fabien Segatwa, son avocat témoigne:

«Son état est toujours alarmant. Moralement, il est abattu parce que, à 58 ans, tomber dans les conditions dans lesquelles il a vécu. Surtout, surtout qu’il crie à son innocence. Je dirais que maintenant, comme il n’est plus dans les conditions dans lesquelles il était avant. Il dort un peu mieux…»

Au vu de l’état de santé de Patrice Faye, l’avocat attend de la justice burundaise qu’elle octroie une liberté provisoire à son client, une requête qui avait été rejetée dans le passé. La famille du Français espère également qu'il va pouvoir être libéré:

«C’est un soulagement! C'est-à-dire, tout ce qui peut contribuer à l’amélioration de ses conditions, c’est toujours un soulagement. Maintenant, le procès peut aller dans de bonnes conditions.»

En juillet dernier, la condamnation du Français surnommé «Crocodile Dundee» avait fait du bruit. A l’époque, Fabien Segatwa s’était insurgé contre cette décision, rapporte RFI:

«Les juges eux-mêmes disent que les témoignages sont contradictoires. Malgré cela, ils condamnent quelqu’un à 25 ans de prison. Condamner quelqu’un qui a déjà plus de 50 ans à 25 ans de prison, c’est le condamner à mort.»

La justice burundaise a tenté d'apaiser les tensions par l'intermédiaire d'Elie Ntungwanayo, porte-parole de la Cour suprême du Burundi:

«Il faut nuancer, il faut relativiser les choses. Patrice Faye a été condamné par un premier jugement, il a donc le droit d’exercer un recours devant la juridiction d’appel. La condamnation n’est pas définitive tant que les voies de recours ne sont pas épuisées».

Lu sur Angop, RFI