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Centrafrique: l'ex-Séléka refuse de participer au prochain gouvernement

L'ex-rébellion centrafricaine de la Séléka ne participera pas au gouvernement du nouveau Premier ministre centrafricain, son avis n'ayant "pas été pris en compte" pour le désigner, a déclaré lundi à l'AFP son porte-parole, Abou Mal Mal Hissène.

"Nous pensons que la présidente de transition (Catherine Samba Panza) n'a pas tenu compte des avis de la Séléka qui contrôle encore la majeure partie" de la Centrafrique, a affirmé ce porte-parole, assurant que l'ex-coalition rebelle avait appris la nomination du nouveau Premier ministre "à travers les médias étrangers".

"La Séléka ne participera pas au prochain gouvernement", a affirmé Abou Mal Mal Hissène.

"Ses responsables militaires dans leur majeure partie ne cautionnent pas la nomination de Mahamat Kamoun, qu'ils ne considèrent pas comme un membre de séléka", a commenté une autre source au sein de l'ex-coalition rebelle.

La présidente de la transition Catherine Samba Panza a nommé dimanche Mahamat Kamoun, un musulman, comme nouveau Premier ministre pour diriger la transition, une première depuis l'indépendance du pays.

Spécialiste des finances, M. Kamoun a été directeur général du Trésor sous le président François Bozizé (renversé en mars 2013) et directeur de cabinet de Michel Djotodia, le chef de la Séléka, au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014.

Au pouvoir de mars à décembre 2013, période durant laquelle elle s'est rendue coupable d'innombrables exactions contre les poulations de Bangui, la coalition rebelle de la Séléka a été affaiblie par une opération militaire française et une force africaine, puis forcée de quitter la capitale pour se replier vers le nord du pays, dont elle garde le contrôle aujourd'hui.

La présidente de transition "a reçu presque toutes les entités nationales au cours des différentes consultations qui ont été organisées du 6 au 8 (août)" pour choisir le Premier ministre a réagi le porte-parole de la Présidence, Clément Anicet Guiyama Masogo.

La présidente avait souhaité que "chacune des entités propose au moins un nom pour le poste de Premier ministre et des noms pour les postes de ministres", a expliqué M. Masogo. 

"Sur les douze entités qui ont été reçues, il y en a neuf qui ont fait des propositions. L'ex-Séléka n'a rien proposé", a-t-il souligné. Mme Samba Panza a ensuite pris sa décision "après avoir analysé ces propositions et en accord avec le médiateur congolais de la crise centrafricaine, le président Denis Sassous Nguesso", toujours selon ce porte-parole.

La nomination de Mahamat Kamoun intervient près de deux semaines après un fragile accord de cessez-le-feu signé fin juillet à Brazzaville entre protagonistes de la crise centrafricaine, dont l'ex-Séléka et les milices chrétiennes anti-balaka, pour tenter de relancer la transition politique en panne.

Plusieurs responsables de l'ex-coalition rebelle, aujourd'hui minée par les divisions, avaient dit cependant ne pas se reconnaître dans cet accord.

Dans la foulée de l'accord de Brazzaville, le Premier ministre sortant André Nzapayéké avait démissionné et la présidente Samba Panza avait promis un nouveau gouvernement de "large ouverture".

AFP

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