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Ebola: des centaines de personnes bloquées par l'armée

Des centaines de Libériens étaient bloqués jeudi par des barrages militaires à la limite entre la province de Grand Cape Mount, frontalière de la Sierra Leone, et celle de la capitale Monrovia en raison de l'épidémie d'Ebola, ont constaté des témoins et un correspondant de l'AFP.

Les forces de sécurité ont commencé mercredi à interdire l'accès à la capitale en provenance de cette province mercredi, quelques heures avant la déclaration de l'état d'urgence par la présidente Ellen Johnson Sirleaf.

"Nous avons des ordres stricts de ne laisser personne franchir ce barrage", a expliqué mercredi à l'AFP un officier en faction à un point de contrôle sur la route menant à Monrovia. 

"Nous sommes ici depuis hier (mercredi) après-midi. Je suis allée dans la matinée voir mes parents à Sinje et au retour j'ai été bloquée ici par la police et l'armée. On me dit que je ne peux pas traverser alors que j'ai laissé mes enfants à la maison", a indiqué jeudi à l'AFP par téléphone Hawa Kollie, 35 ans.

"La déclaration de la présidente est survenue dans la nuit alors que nous sommes ici depuis hier après-midi sans nourriture ni eau. On ne peut pas rester là bloqués sous la pluie sans nourriture, ni eau, et sans abri", a témoigné un autre habitant bloqué, Jackson Freeman.

Le ministre de l'Information Lewis Brown a justifié ces dispositions par la nécessité d'enrayer l'épidémie.

"C'est une opération militaire qui vise à réduire les risques en évitant que les gens ne quittent les zones infectées vers les zones non infectées sans qu'on ait l'assurance qu'ils ne sont pas contaminés", a-t-il expliqué à l'AFP.

La province de Grand Cape Mount, d'où deux personnes porteuses d'Ebola se sont enfuies la semaine dernière vers une destination inconnue, fait désormais partie des zones à risques, selon le ministère de la santé.

Dans un discours à la nation dans la nuit de mercredi à jeudi, la présidente du Liberia a prévenue qu'"en, vertu de l'état d'urgence le gouvernement prendrait des mesures extraordinaires, y compris, si nécessaire, la suspension de certains droits et privilèges", sans autre précision.

"L'ampleur et l'échelle de l'épidémie, la virulence et la mortalité du virus dépassent maintenant les capacités et les prérogatives de quelque agence gouvernementale ou ministère que ce soit", a affirmé Mme Sirleaf.

"Le gouvernement et le peuple libériens réclament des mesures extraordinaires pour la survie même de l'Etat et la protection des vies de notre population", a-t-elle ajouté, décrétant l'état d'urgence pour 90 jours.

l'armée

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