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Le sud anglophone boycotte la présidentielle

A quelques jours de l’élection présidentielle du 9 octobre, la tension monte au Cameroun. Le 1er octobre, dans le sud-ouest du pays, 200 personnes proches du Southern Cameroon National Council (SCNC) ont été arrêtées lors d'une manifestation à Buéa, au sud ouest du pays, rapporte le Journal du Cameroun. Regroupant les anglophones, le SCNC est un mouvement séparatiste qui revendique l’indépendance du Sud du Cameroun. 

Le choix de manifester un 1er octobre n’est pas anodin. En 1961, c’est ce jour-là qu’Amadou Ahidjo, président du Cameroun francophone, et John Ngu Foncha, président du Cameroun anglophone, ont signé l’acte de réunification.

Le SCNC souhaite revenir sur cet accord et prône la sécession du Cameroun anglophone. Le parti voudrait créer un nouvel état, l’Ambazonie. Ainsi, depuis 1999, les militants commémorent ce «jour de la grande tristesse». Le pouvoir ne tolère pas ces rassemblements qui sont réprimés par les forces de l’ordre.

En marge de la manifestation, la presse venue couvrir l’évènement a également été malmenée. La Nouvelle Expression rapporte que des journalistes ont été appréhendés par les forces de l’ordre. Certains ont été humiliés et torturés. Leur matériel et leur papier ont été confisqués par la police.

Grâce à l’intervention des associations de journalistes et des syndicats tels que le CAMASEJ (Cameroon Association of English Speaking Journalists) et l’UJC (Union des Journalistes du Cameroun), qui se sont fortement mobilisés pour lutter contre ces atteintes à la liberté de la presse, les journalistes ont finalement été libérés.

Déterminés à faire entendre sa voix, le SCNC a appelé les «sudistes» à boycotter l’élection présidentielle du 9 octobre, selon le Daily Nation du Kenya. Dans une récente déclaration, Otun Ayamba, l'un des chefs du parti indépendantiste, s’est montré très offensif:

«Le Sud du pays ne fait pas partie du Cameroun. […] La libération du Sud du Cameroun est proche et nous sommes déterminés à regagner notre place légitime au sein de la communauté des nations libres.»

Les forces de l’ordre ont assigné à résidence Mola Njoh Litumbe, le leader du SCNC. Par solidarité, ce dernier a tenu à se rendre au commissariat de police pour être incarcéré avec ses compagnons. Les autorités ont refusé la requête du leader, en évoquant des «cellules pleines».

Lu sur Journal du Cameroun, La Nouvelle Expression, Daily Nation