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Le Cameroun durement frappé par Boko Haram, après le Nigeria

Le Cameroun est à son tour durement frappé par des attaques attribuées aux islamistes nigérians de Boko Haram qui ont tué au moins 15 personnes dans l'Extrême-Nord et multiplient leurs attaques meurtrières des deux côtés de la frontière.

Au moins 15 personnes ont été tuées dimanche dans la localité de Kolofata par des militants présumés de Boko Haram, qui ont également enlevé plusieurs habitants dont l'épouse d'un vice-Premier ministre, selon un nouveau bilan lundi de source sécuritaire.

"Nous avons enregistré une quinzaine de tués. Il y a deux gendarmes et un BIR", soldat du Bataillon d'intervention rapide, unité d'élite de l'armée camerounaise, a affirmé à l'AFP sous couvert d'anonymat un gendarme participant aux opérations lancées après cette attaque. "Une bonne douzaine de personnes ont été enlevées", a-t-il ajouté.

Dans le nord du Nigeria voisin, coutumier des incessants attentats de Boko Haram, deux femmes kamikaze se sont fait exploser lundi dans la grande ville de Kano, l'une près d'une file d'attente de femmes qui achetaient du carburant, l'autre à l'entrée d'un centre commercial.

Le premier attentat a tué trois personnes et en a blessé sept, le deuxième a fait six blessés, selon la police.

C'est la troisième fois, en deux jours, qu'une femme commet un attentat suicide dans Kano. Dimanche, une kamikaze s'était ainsi fait exploser près d'une université, blessant cinq policiers, selon les autorités.

Cinq personnes avaient par ailleurs été tuées le même jour dans un attentat contre une église chrétienne de la ville, où les autorités religieuses ont annoncé l'annulation des festivités de l'Aïd el-Fitr marquant la fin du ramadan.

 

  - 'De pire en pire' -

L'ampleur de l'attaque de Kolofata a choqué le Cameroun, qui, après avoir laissé Boko Haram user de l'Extrême-Nord comme une base arrière et un passage pour ses armes, s'est engagé militairement contre lui, après l'indignation internationale consécutive à l'enlèvement de plus de 200 lycéennes nigérianes, le 14 avril.

"La barbarie a franchi nos frontières", déclare dans un communiqué le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary.

"Au nom du Chef de l'État, je demande à nos populations, ainsi qu'à toute autre personne vivant sur le territoire national, qui détiendrait une information de quelque nature que ce soit, susceptible d'aider nos forces de défense et de sécurité à barrer la voie à ces agresseurs, d'utiliser tous les moyens de communication à leur portée, qu'il s'agisse d'appels téléphoniques, d'envois de SMS, de courriers électroniques, du bouche à oreille ou de la dénonciation ", poursuit-il.

Cette stratégie de la terreur, exportée au Cameroun par Boko Haram qui en use quotidiennement au Nigeria, inquiète les expatriés. 

"La situation est catastrophique. C'est de pire en pire", déclare lundi à l'AFP sous couvert d'anonymat un Français vivant dans la région de l'Extrême-Nord. 

"Ils ont un culot monstre. Il y a quand même des militaires là-bas. S'attaquer à un vice-Premier ministre veut dire qu'ils peuvent aller très loin", poursuit-il.

Dimanche matin, deux attaques simultanées ont visé la résidence locale du vice-Premier ministre chargé des relations avec le Parlement, Amadou Ali, dont l'épouse a été enlevée, et le Palais du Sultan de Kolofata, Seiny Boukar Lamine, qui a été kidnappé avec son épouse et leurs cinq enfants. Le Vice-Premier ministre ne se trouvait pas à Kolofata au moment des attaques, menées, selon Yaoundé, par "plus de 200 " assaillants.

"On a reçu une claque. Le pays est en état de choc", a commenté un journaliste de la télévision d'Etat, un autre faisait état de "personnes brûlées vives" lors de l'attaque de Kolofata.

La situation est extrêmement tendue actuellement dans l'Extrême-Nord du Cameroun où Boko Haram vise militaires et civils. Jeudi et vendredi, plusieurs militaires et gendarmes camerounais ont ainsi été tués dans deux attaques.

Cette recrudescence des attaques répond à de premiers succès de l'armée camerounaise, qui a tué ou arrêté un nombre indéterminé d'islamistes dans les localités frontalières. 

Vendredi, un tribunal militaire camerounais avait aussi condamné, pour la première fois en audience publique, quatorze membres de Boko Haram à des peines de prison ferme allant de 10 à 20 ans, selon la radio-télévision d'Etat camerounaise (Crtv).

AFP

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