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Sierra Leone: après Lagos, premier cas confirmé d'Ebola

La Sierra Leone a confirmé dimanche un premier cas de fièvre Ebola dans sa capitale Freetown, jusque-là épargnée, au surlendemain de l'annonce du premier cas au Nigeria. 

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Sierra Leone est le nouvel épicentre de l'épidémie de fièvre hémorragique, en grande partie due au virus Ebola, qui sévit en Afrique de l'Ouest depuis mars et poursuit sa progression - Guinée au départ, puis Sierra Leone, Liberia, et maintenant Nigeria - malgré une forte mobilisation internationale. Elle a fait au moins 660 morts.

Le porte-parole du ministère sierra-léonais de la Santé, Sidi Yahya Tunis, a expliqué dimanche que Saudatu Koroma, une apprentie coiffeuse de 32 ans, était décédée samedi de l'Ebola.

Elle avait été hospitalisée mercredi dans la banlieue ouest de Freetown, mais vendredi, "son père et sa mère l'ont emmenée de force", poussant les autorités à diffuser des avis de recherche à la télévision et à la radio, a indiqué M. Tunis. Cela l'avait convaincue de retourner à l'hôpital, mais elle est morte en chemin.

Selon M. Tunis, "des échantillons de sang prélevés sur le père et la mère sont en cours d'analyse". La maison où elle habitait, dans l'est de Freetown, et tous ses habitants ont été placés en quarantaine pour 21 jours, durée maximale de la période d'incubation.

L'épidémie touchait jusque-là essentiellement l'est du pays, dans les régions de Kenema et Kailahun.

A Freetown, aucun dispositif de prévention n'était visible dimanche et les habitants apparemment indifférents vaquaient à leurs occupations, a constaté un journaliste de l'AFP.

Au ministère de la Santé, on assure cependant que la capitale est sous surveillance accrue et que les campagnes d'information ont été intensifiées. Un centre de traitement dédié au virus Ebola est en cours d'installation dans l'hôpital Lakka (banlieue ouest).

Le 23 juillet, le ministère avait annoncé qu'un responsable médical du centre anti-Ebola de Kenema, le docteur Omar Khan, était infecté. Trois infirmières de ce centre ont déjà péri de la maladie.

Le docteur Khan, toujours hospitalisé, "réagit bien au traitement", a indiqué un autre responsable du ministère de la Santé, Abubakarr Fofana.

Deux Américains, dont un médecin, engagés dans la lutte contre l'épidémie ont également été infectés au Liberia voisin.

"Ils reçoivent tous deux des soins intensifs, mais il s'agit bien sûr d'une situation dangereuse et effrayante", a déclaré la porte-parole de l'association caritative Samaritan's Purse, Melissa Strickland, pour laquelle le médecin travaille.

 

- 660 cas mortels -

 

"Deux groupes sont les plus exposés : les proches (des malades) et les personnels de santé", résume un porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, actuellement en Sierra Leone.

Selon l'OMS, à la date du 20 juillet, 1.093 cas avaient été signalés, dont 660 mortels. Le bilan était de 454 cas dont 219 mortels en Sierra Leone, 415 dont 314 mortels en Guinée, et 224 dont 127 mortels au Liberia.

Vendredi, le Nigeria avait annoncé qu'un ressortissant libérien était mort de fièvre Ebola à Lagos, la plus grande ville d'Afrique, une mégapole de 20 millions d'habitants aux installations sanitaires délabrées et au système de santé étique. C'est le premier cas signalé au Nigeria (près de 180 millions d'habitants), qui a placé tous ses ports et aéroports en alerte.

En ville ou à la campagne, "la réponse (médicale) est la même : trouver les gens qui ont été au contact", mais "la difficulté supplémentaire en milieu urbain est qu'il y a plus de gens, donc c'est plus compliqué", selon Tarik Jasarevic.

Le ministre nigérian de la Santé, Onyebuchi Chukwu, a assuré que le Libérien, hospitalisé en sortant d'un avion venant du Togo, ne s'était pas mêlé à la population et que "toutes les institutions médicales publiques du Nigeria ont été équipées".

La fièvre Ebola se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées. Son taux de mortalité peut varier de 25 à 90% et il n'existe aucun vaccin homologué.

Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels et les tissus de personnes ou d'animaux infectés.

"Ebola est contagieux mais ne se transmet ni par l'eau, ni par voie aérienne. (...) Le plus important pour se protéger est de ne pas toucher les personnes présentant les symptômes", a précisé Tarik Jasarevic.

Il a souligné qu'un "enterrement sécurisé est essentiel", car "dans beaucoup de cultures, les membres de la famille touchent le corps pendant les rituels funéraires. C'est à ce moment qu'ils sont infectés".

AFP

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