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Centrafrique: désastre humanitaire en cours pour les réfugiés

Un tiers des familles de réfugiés ont perdu un de leurs membres dans les violences en République centrafricaine (RCA), selon un rapport alarmant publié mercredi par Médecins sans Frontières (MSF).

D'après les chiffres des ONG, sur les 4,5 millions de Centrafricains, 536.500 personnes auraient été déplacées par les violences.

MSF évoque une situation humanitaire catastrophique en Centrafrique et dans les camps de réfugiés des pays frontaliers: Tchad, Cameroun, Congo et République démocratique du Congo (RDC). 

Quelques 125.000 Centrafricains ont trouvé refuge au Cameroun et 101.000 au Tchad.

Le centre de recherche épidémiologique de MSF a réalisé une enquête de mortalité auprès d'un échantillon de 3.449 familles centrafricaines (environ 25.000 personnes) réfugiées dans le camp de Sido, dans le sud du Tchad.

95,6% des 2.208 décès enregistrés dans ces familles sont dus à la violence et concernent en très grande majorité des hommes. Le voyage a également été fatal pour de nombreux réfugiés: les convois officiels ont été victimes d'embuscades, et les réfugiés qui traversent aujourd'hui la frontière ont en général marché des semaines, voire des mois.

Les personnels de MSF présents au Tchad décrivent des réfugiés "traumatisés, épuisés, dans des états nutritionnels inquiétants". Au Cameroun, près d'un enfant centrafricain sur deux souffrirait de malnutrition, ajoute l'ONG. 

Elle appelle à une prise en charge de ces réfugiés sur le long terme, car ils n'ont "pas l'intention de rentrer en Centrafrique, pour le moment".

Sur le territoire centrafricain, quelques enclaves protégées par les forces militaires internationales abritent encore environ 20.000 musulmans dans des conditions de vie très précaires, à Bangui, Carnot, ou Berberati (ouest).

Alors que le président français François Hollande entame jeudi une tournée de trois jours en Afrique - il sera samedi dans la capitale tchadienne, N'Djamena -, le président de MSF, Mégo Terzian, considère que le dirigeant français a les "moyens politiques" de faire pression pour que le Tchad facilite l'accueil et l'enregistrement des réfugiés. La frontière entre le Tchad et la Centrafrique a été fermée à plusieurs reprises ces derniers mois.

Le président de l'ONG pointe également une aide insuffisante et sous-financée, avec des retards de paiement de la part des bailleurs de fonds.

Depuis le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion Séléka, la Centrafrique vit une crise sans précédent marquée par de terribles violences interconfessionnelles, malgré la présence de forces armées internationales.

AFP

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