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Cameroun - Paul Biya tire les ficelles de la campagne électorale

A quelques jours de l'élection présidentielle au Cameroun, le calme ne semble pas au rendez-vous. Problèmes logistiques et malversations politiques planent sur le scrutin qui aura lieu dimanche 9 octobre. Vingt-trois candidats briguent le fauteuil présidentiel. Le président sortant, Paul Biya, âgé de 78 ans et ayant déjà passé 29 ans de pouvoir, est candidat à sa propre succession.

Des cas de censure dans les médias et d’interdiction de meeting ont été observés dans certaines localités, dont à Mvomeka’a, le village natal de Paul Biya. Le candidat Jean de Dieu Momo n’a pas pu y organiser son meeting. Les motifs invoqués par le sous-préfet de la localité sont: défaut d’autorisation de manifestation publique et entrave à la sécurité du chef de l’Etat.  Paul Biya se trouvait dans son village au moment où devait se tenir la réunion. Une coïncidence qui a des allures d’entraves électorales. «Je suis outré. Je croyais être chez moi partout au Cameroun», réagit Jean de Dieu Momo.

La campagne électorale à peine engagée, les médias privés se voient muselés. Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication a demandé l’arrêt immédiat de toutes les émissions et débats politiques à caractère contradictoire sur les radios et télévisions privées du Cameroun et ce, à partir du lancement de la campagne électorale le lundi 3 octobre. Selon le ministre: 

«Seuls les médias audiovisuels de service public sont habiletés à produire et à diffuser les émissions de propagande électorale, ceci dans le but d’assurer la gratuité, l’objectivité, l’égalité et l’impartialité entre candidats.»

Par ailleurs, l’Etat prend ses précautions pour avoir le monopole dans l’annonce du vainqueur. Il est effectivement interdit aux médias privés de publier et de diffuser les tendances ou les résultats de l’élection présidentielle du 9 octobre prochain avant leurs proclamations par le Conseil constitutionnel.

D’autres inégalités dans la campagne sont observées, notamment dans la diffusion des affiches électorales. Dans la capitale politique Yaoundé, impossible de rater les affiches géantes sur fond bleu «Paul Biya, le choix du peuple». Les 22 autres candidats en lice n’ont pas tous les moyens d’investir dans une affiche de campagne aussi grande.

Lu sur RNW