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Centrafrique: les ex-rebelles Séléka toujours actifs

Les ex-rebelles centrafricains de la Séléka, contraints d'abandonner le pouvoir en janvier, mènent toujours des attaques meurtrières, amenant des habitants à dénoncer l'inertie des forces internationales censées les protéger.

Au moins 11 civils ont été tués ces trois derniers jours dans le nord-ouest et le centre du pays, dans des attaques attribuées au ex-Séléka, ont indiqué jeudi des sources au sein de la force africaine en RCA (Misca).

"Huit personnes en tout ont été tuées entre lundi et mercredi à Batangafo  (nord-ouest) et plusieurs blessées par des éléments armés identifiés par les habitants comme étant des ex-Séléka basés dans la région", a-t-on précisé.

Les localités de Batangafo, Kabo, Bouca, Markounda, Bossangoa, Nanga Boguila, Nana Bakassa, toutes situées dans la préfecture de l'Ouham (nord-ouest), sont depuis des mois le théâtre d'attaques et d'affrontements entre milices chrétiennes anti-balaka se réclamant du président déchu François Bozizé et l'ex-rébellion de la Séléka, majoritairement musulmane.

Ces violences ont fait plusieurs dizaines de morts ces dernières semaines et entraîné des déplacements de population vers d'autres régions du nord-ouest et la capitale Bangui.

Dans le centre du pays mercredi, ce sont trois personnes qui ont été tuées et une blessée au cours d'une attaque d'ex-Séléka contre le village de Ngakobo, situé près de Bambari, selon une source à la Misca.

Là aussi, selon un scénario immuable, la population a fui en brousse pour échapper aux assaillants. 

  

- "Ils ne protègent pas les populations" -

 

Joint par l'AFP, Ahmad Nejad, porte-parole de l'état-major Séléka, a déclaré que des "éléments sont allés à Ngakobo pour protéger la population, après avoir été informés d'une attaque d'anti-balaka contre des civils. Mais ce n'était pas pour tuer des habitants".

A chaque attaque contre les civils, les Séléka comme les anti-balaka démentent être responsables.

A Batanfago, comme à Ngaboko, la population se plaint de l'inertie de la Misca.

Selon plusieurs témoignages d'habitants, les soldats congolais et camerounais de la force, présente dans Batanfago, ne sont pas intervenus pour protéger les civils.

"Ils ne protègent pas les populations et laissent faire les ex-Séléka. Nous sommes totalement abandonnés. Que les autorités de Bangui, les forces internationales, réagissent rapidement pour freiner ces exactions", a déclaré Marcel M'baïlem, un habitant de Batangafo joint par téléphone.

Selon la radio nationale centrafricaine, "ces exactions sont commises au vu et au su des forces internationales qui n'ont pas réagi".

Deux mille militaires français de l'opération Sangaris sont présents en Centrafrique ainsi que 5.000 soldats de la Misca, dans l'attente d'un déploiement de 12.000 Casques bleus prévu au plus tôt mi-septembre.

L'absence d'une armée régulière, en déliquescence, ajoute à la marge de manoeuvre des groupes armés, notamment des ex-Séléka, qui en plus de leur activité militaire dans le nord-ouest et le centre, règnent en maîtres dans tout le nord et l'est.

Récemment, l'ex-numéro deux de la Séléka, Noureddine Adam, sous le coup de sanctions internationales en raison des exactions de la Séléka quand elle était au pouvoir à Bangui (mars 2013-janvier 2014) a lancé un "ultimatum" aux quelques soldats d'une force tripartite RCA-Soudan-Tchad, basée à Birao (nord), pour qu'ils s'en aillent. Ce qu'ils ont rapidement fait. 

Depuis le début des violences intercommunautaires à grande échelle en décembre 2013, la Centrafrique, qui compte près de 5 millions d'habitants, déplore plusieurs milliers de morts et plusieurs centaines de milliers de déplacés.

 

AFP

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