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Un vendeur de dattes à Tunis / REUTERS
Un vendeur de dattes à Tunis / REUTERS

Ramadan: Au Maroc, ne pas jeûner est un crime

Une unité de police spéciale aurait été mise en place pour traquer ceux qui n'observent pas le ramadan.

La polémique revient chaque année: que faut-il faire des personnes qui ostensiblement n’observent pas le jeûne du ramadan? Plus encore, que peut-il arriver à tous ceux qui mangent en public pendant cette période? Pour répondre à cette question que beaucoup de nos lecteurs se posent, nous avons décidé de republier cet article, qui date de 2014. 

Au Maroc, par exemple, où l’islam est la religion officielle de l’Etat, la loi est relativement ambiguë, puisqu’elle laisse la possibilité à chacun de le pratiquer ou non. Et c’est bien sur cet article 3 de la Constitution marocaine que se fondent les non-jeûneurs. En effet, ne pas jeûner n’est pas un délit en soi, précise le site d’information Bladi, qui ajoute que malgré tout, les non-jeûneurs ne semblent pas en sécurité.

Le site d’information évoque une information de l’hebdomadaire Al Ayam selon laquelle une unité de police spéciale aurait mise en place pour traquer les adultes qui mangent en public pendant le mois du ramadan, et «ceux qui incitent les gens à faire de même en les invitant à rompre le jeûne en plein jour».

Pourtant, le site Bladi émet quelques réserves quant à l’idée de créer une unité spéciale de police pour traquer les «anti-ramadan». Il s’agirait juste d’un bluff pour accroître la pression.

En effet, le site d’information marocain explique que dans la pratique déjà, «n’importe quel agent d’autorité habilité à appréhender un suspect, peut procéder à l’arrestation d’une personne et la présenter devant le parquet général, si le délit de rupture de jeûne en plein public est avéré».

En effet, le code pénal marocain précise:

«Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l’emprisonnement d’un à six mois et d’une amende de 12 à 120 dirhams.»

Mais pour le très conservateur Al Ayam, la rupture du jeûne demeure un sacrilège et une police spéciale est une nécessité. Il se prononce aussi en faveur d’une application stricte de la loi qui prévoit un à six mois d’emprisonnement pour toute personne qui ne respecterait pas le ramadan. L’hebdomadaire désigne les non-jeûneurs comme «des prosélytes servant des agendas étrangers».

Slate Afrique

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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