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Egypte - La saga des espions continue

Et un espion de plus attrapé. Les Egyptiens en sont convaincus: Israël est partout grâce à ses espions qu’il déploie à travers le pays. Le schéma se répète et fait le tour des journaux égyptiens. Un espion israélien déguisé en étudiant ou en journaliste a été arrêté. Les colonnes des quotidiens Al-Ahram ou Masry al-Yioum reprennent l'information, qui ne manquera pas de faire parler d’elle dans les souks du Caire. Entre réalité et paranoïa collective, difficile de trancher. 

En décembre 2010, les autorités égyptiennes avaient déjà annoncé le démantèlement d’un réseau d’espionnage au profit d’Israël composé de deux Israéliens et d’un Egyptien. En février dernier, le soulèvement populaire a également eu son lot d’espions israéliens. D'une part, il y avait les espions travaillant pour le régime d’Hosni Moubarak qui étaient craints des jeunes de la place Tahrir. D'autre part, ceux travaillant pour la cause de la révolution étaient vus comme des trublions, qui sèment le désordre pour mieux régner et veiller à la sécurité d’Israël. Quoi qu'il en soit, le gassus ou l’espion est forcément israélien.

Cette fois-ci, on découvre l’histoire d’Ilan Grapel, arrêté le 12 juin dernier et accusé d’être un agent du Mossad, la bête noire des peuples arabes. Ilan Grapel est accusé d'avoir semé la discorde et le chaos en Egypte pendant les soulèvements populaires.

Aujourd'hui, trois mois plus tard, l’affaire pourrait se dénouer pour Ilan Grapel grâce à l'intervention financière de Washington. Le 2 octobre, le consul américain a rencontré le jeune homme de nationalité israélo-américaine au Caire, en vue de sa libération.

Cette histoire aura fait couler beaucoup d’encre mais le flou demeure sur les véritables activités du jeune homme. Chacun sa version. Bénévole dans une ONG? Etudiant? Journaliste? Ilan Grapel aurait servi dans l'armée israélienne et participé à la guerre du Liban en 2006. A son arrivée au Caire, le jeune homme n’a pas cherché à dissimuler ses liens avec l’Etat hébreu, note le quotidien Al-Ahram. Mais cela dérange dès lors que le jeune homme apparaît comme un fidèle des rassemblements de la place Tahrir, appareil photo à la main. Ses photos circuleraient même sur les réseaux sociaux. Le quotidien égyptien Masry-al Youm révèle que «durant l’enquête, Ilan Grapel a reconnu avoir commis des erreurs en Egypte»

Dernier acte: la libération serait déjà prévue pour le 3 octobre. Le quotidien al-Hayat révèle de sources anonymes que le jeune homme prendra le large ce jour en compagnie du secrétaire américain à la Défense Leon Panetta. La source officielle d'ajouter qu’Ilan Grapel n’était pas un espion et qu’il peut être libérer en contrepartie de bénéfices économiques pour l’Egypte. La gassus story continue...

Lu sur Al Ahram