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Centrafrique: près de 50 tués dans le centre du pays

Près de cinquante personnes ont été tuées depuis lundi en Centrafrique dans la région de Bambari (centre) dans une nouvelle explosion de violences déclenchée par le massacre de 17 peuls musulmans, a indiqué mercredi à l'AFP un officier de la force africaine (Misca).

"Près de 50 personnes ont été tuées depuis lundi dans les violences en cours dans la région de Bambari et les villages environnants. La plupart des victimes ont été massacrées à l'arme blanche ou tuées par balles. C'est le dernier bilan encore provisoire", a déclaré cet officier sous couvert d'anonymat.

"En dehors des attaques visant les civils et les incendies de maisons, il y a des affrontements qui donnent l'impression d'attaques coordonnées des groupes armés", miliciens chrétiens anti-balaka d'un côté et ex-rebelles majoritairement musulmans Séléka de l'autre, a précisé cet officier.

Des soldats français de l'opération Sangaris et africains de la Misca sont présents dans la ville, où l'ex-rébellion Séléka a installé son nouvel état-major depuis son départ en janvier 2014 de la capitale, Bangui, sous la contrainte des forces internationales.

Des violences sont également perpétrées "par des individus incontrôlés ou de petits groupes. Les habitants continuent à fuir vers la cathédrale, l'évêché, la gendarmerie et aussi à la résidence du préfet", selon la même source.

Cette explosion de violences a éclaté lundi après le massacre de 17 personnes, toutes des membres de la minorité peule, tuées par des jeunes armés se réclamant des anti-balaka, lors de l'attaque de leur campement.

La Misca avait fait état mardi d'un cycle de représailles et de contre-représailles à Bambari et dans les environs après cette tuerie.

Il y a deux semaines, au moins 22 personnes avaient été tuées par des individus armés assimilés aux ex-Séléka et aux Peuls armés dans le village de Liwa, situé dans la zone de cette attaque.

Et la semaine dernière, au moins 10 corps portant des marques de sévices avaient été repêchés dans la rivière Ouaka, près de Bambari.

Jusqu'à il y a quelques semaines, cette région avait été épargnée par les violences intercommunautaires.

Depuis plus d'un an, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

De nombreux civils musulmans sont contraints de fuir des régions entières face aux violences des milices anti-balaka, tandis que dans d'autres régions les populations chrétiennes restent sous la coupe de combattants Séléka.

Dans un rapport publié mardi, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a rappelé que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis en Centrafrique et continuent de l'être au cours d'un "conflit de l'impunité", les auteurs échappant dans leur grande majorité à toute poursuite du fait de la faillite de l'Etat centrafricain.

AFP

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