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Mauritanie: largement réélu, Aziz promet "l'unité nationale"

Après sa victoire écrasante et attendue à la présidentielle en Mauritanie avec près de 82% des voix, le chef de l'Etat sortant Mohamed Ould Abdel Aziz a promis lundi de renforcer l'unité nationale, mise à mal par l'appel de ses principaux opposants à boycotter le scrutin.

"Fort de ce score (de 81,89% des voix), le président Mohamed Ould Abdel Aziz s'engage devant l'opinion nationale à être le président de tous les Mauritaniens et à garantir les droits de tous les citoyens, leur égalité devant la loi et devant les services de l'Etat", a affirmé le président Abdel Aziz dans une déclaration lue par son directeur de campagne, Sidi Ould Salem.

Parlant de "véritable plébiscite", le chef de l'Etat, réélu pour cinq ans, "renouvelle encore une fois son engagement à poursuivre une politique de renforcement de l'unité nationale, d'indépendance de la justice, de lutte contre la gabegie et les inégalités sociales, ainsi que de réduction de la pauvreté par une meilleure redistribution de la richesse nationale".

Il estime que "le taux de participation de 56,46% (...) témoigne d'une part de l'échec patent de ceux qui ont prôné le boycott et de l'engagement, d'autre part, de la grande partie du peuple mauritanien à poursuivre sans relâche le processus de consolidation de la démocratie et de la bonne gouvernance".

En saluant dès dimanche le bon déroulement du scrutin présidentiel de la veille, la soixantaine d'observateurs de l'Union africaine (UA) dirigés par l'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi, ont encouragé" le gouvernement et les partis à poursuivre la concertation politique au-delà" de l'élection.

L'enjeu principal de la présidentielle, dont les résultats provisoires ont été annoncés dimanche par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), était le taux de participation.

Les principaux opposants du président Abdel Aziz rassemblés au sein du Forum national pour la démocratie et l'unité (FNDU, opposition dite "radicale") avaient appelé à boycotter une élection organisée, selon eux, par un "pouvoir dictatorial" de manière "unilatérale".

Cheikh Sidi Ahmed Ould Babamine, président du FNDU, a estimé lundi que la réélection d'Abdel Aziz n'était pas "une surprise", car "il est allé presque tout seul à ce scrutin" et a été "très mal élu" avec "seulement 80% du quart de l'électorat potentiel"

 

- Un "scrutin bâclé" -

Car, a affirmé M. Ould Babamine, "le scrutin a été bâclé à la base, parce que plus de la moitié de l'électorat potentiel n'a pas été pris en compte par le fichier électoral (...) beaucoup de citoyens n'ont pas été enregistrés, d'autres ont refusé de s'inscrire en raison de l'échec du dialogue entre nous et le pouvoir" tenu avant l'élection.

Le président sortant, ex-général de 57 ans arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2008 avant de se faire élire un an plus tard pour un premier mandat dans des conditions déjà contestées par ses principaux opposants, affrontait quatre autres candidats.

Le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid, qui se présentait pour la première fois à une présidentielle, a créé la surprise en arrivant deuxième avec près de 9% des voix, très loin derrière le président Abdel Aziz. Il n'avait pas réagi lundi à la mi-journée.

Boidiel Ould Houmeid, candidat du parti El-Wiam, une formation de l'opposition dite "modérée" arrivé troisième avec 4,5%, des voix a reconnu la victoire d'Abdel Aziz et l'a félicité.

Il n'y a "pas eu de fraudes, mais des pressions exercées sur nos électeurs avant le scrutin", a-t-il affirmé. Néanmoins, a-t-il ajouté, "nous sommes satisfaits, car notre travail en tant que parti politique est un travail de longue haleine".

Les deux autres candidats, Ibrahima Moctar Sarr, représentant la communauté négro-mauritanienne, est arrivé en quatrième position avec 4,44%, Lalla Mariem Mint Moulaye Idriss, unique femme dans la course, arrivant dernière avec 0,49%.

Les candidats ont 48 heures pour faire des réclamations au Conseil constitutionnel, qui proclamera les résultats définitifs.

 

AFP

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