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La Mauritanie élit son président, le sortant Aziz grand favori

Les Mauritaniens votent samedi à une présidentielle pour laquelle le chef de l'Etat sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, au pouvoir depuis 2008, part grand favori en l'absence de ses principaux opposants qui ont appelé à un boycottage.

Dans plusieurs centres électoraux de Nouakchott, de petites files d'attente ont commencé à se former peu avant l'ouverture des bureaux à 07H00 (GMT et locales).

Dans l'école de Tevragh Zeina où trois bureaux de vote ont été installés, Brahim, septuagénaire, note que la Mauritanie, qui jusqu'en 2010 a été confrontée à des actions jihadistes, "a retrouvé la paix". "C'est essentiel et je veux que cela continue, car la paix est irremplaçable", dit-il.

Pour Lalla, une jeune électrice, voter est un devoir et "chacun doit venir voter, même blanc".

Plus de 1,3 million d'inscrits sont appelés aux urnes à l'issue d'une campagne de deux semaines sans grand relief, dominée par le candidat-président Abdel Aziz dont les immenses affiches écrasaient celles, petites et rares, de ses quatre adversaires.

Parmi eux, une femme de 57 ans, Lalla Mariem Mint Moulaye Idriss, et Biram Ould Dah Ould Abeid, un militant réputé de la lutte contre l'esclavage, pratique qui, bien qu'abolie légalement en 1981, perdure en Mauritanie.

Les deux autres candidats sont Ibrahima Moctar Sarr et Boidiel Ould Houmeid, du parti El-Wiam, formation de l'opposition dite "modérée".

Les principaux opposants du président, rassemblés au sein  du Forum national pour la démocratie et l'unité (FNDU, opposition radicale), dénoncent le caractère "dictatorial " de son régime et ont appelé à boycotter le scrutin, "une mascarade électorale" organisée de manière "unilatérale".

Le FNDU mise sur un fort taux d'abstention, qui serait, selon lui, le signe que son appel a été suivi et un désaveu du président sortant.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en août 2008, M. Abdel Aziz, un ex-général de 57 ans, s'était ensuite fait élire pour un premier mandat de cinq ans en 2009.

Il peut s'enorgueillir d'avoir réussi à débarrasser son pays du groupe islamiste armé Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui, à son arrivée au pouvoir, était très actif en Mauritanie et y commettait attentats et enlèvements.

Un résultat obtenu grâce, selon lui, à "la réorganisation des capacités de l'armée et des forces de sécurité", avec l'assistance technique de la France, ex-puissance coloniale.

En 2010 et 2011, l'armée mauritanienne a mené avec succès des raids "préventifs" contre des bases et des unités combattantes d'Aqmi dans le nord du Mali, d'où la branche maghrébine d'Al-Qaïda préparait et lançait ses actions en territoire mauritanien.

 

- Forte implication au Mali -

 

Le chef de l'Etat, président en exercice de l'Union africaine jusqu'en 2015, reste très impliqué dans la résolution du conflit au Mali, où il a réussi le 23 mai à arracher un cessez-le-feu entre des groupes rebelles et l'armée après une brusque reprise des hostilités à Kidal, dans l'extrême nord-est du Mali.

Mais, a-t-il affirmé, "l'action que nous avons eu à mener récemment au Mali est une action ponctuelle qui a visé à obtenir un cessez-le-feu, ce n'est pas un règlement définitif du problème, je n'ai jamais eu la prétention d'être le médiateur dans ce conflit".

Dans le domaine économique, la Mauritanie, vaste pays désertique de 3,8 millions d'habitants bordant l'océan Atlantique, riche en minerai de fer, aux eaux poissonneuses et qui exploite du pétrole depuis 2006, a enregistré en 2013 un taux de croissance de 6%.

Le président Abdel Aziz se targue en outre d'avoir fait baisser le taux d'inflation à moins de 5% et d'avoir mené une politique d'aide aux plus pauvres.

Ces succès dans la lutte contre les groupes islamistes armés et dans le domaine économique font dire au président Abdel Aziz et à ses partisans que depuis qu'il est arrivé au pouvoir, la Mauritanie a accompli des "pas de géant".

La présidentielle est surveillée par 700 observateurs, dont 200 venus de l'étranger. Ceux de l'Union africaine sont dirigés par l'ancien ministre tunisien Béji Caïd Essebsi.

Quelque 18.000 militaires, policiers et gendarmes, ont voté vendredi nombreux et dans le calme, un jour avant les autres électeurs.

 

AFP

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