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Forte hausse des cas de fièvre Ebola en Afrique de l'Ouest

L'épidémie de fièvre hémorragique en grande partie due au virus Ebola a fait 337 morts dans trois pays d'Afrique de l'Ouest depuis le début de l'année, chiffre en hausse de 60% en quinze jours, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

D'après l'OMS, les trois pays concernés - Guinée, Liberia et Sierra Leone - totalisent depuis le début de l'année 528 cas de fièvre hémorragique, dont 364 ont été confirmés par des analyses comme étant dus au virus Ebola. Et sur les 528 cas cumulés, on dénombre 337 morts.

Le type de virus à l'origine des cas négatifs à l'Ebola n'était pas connu.

Le bilan communiqué mercredi ne montre cependant pas une "nouvelle flambée" de fièvre, a indiqué une porte-parole de l'OMS, expliquant que "de nouveaux cas sont identifiés régulièrement" dans les trois pays.

L'augmentation de cas signalée mercredi s'explique par leur reclassification, passant de la catégorie "probable" à "possible" ou "confirmé". Ces chiffres doivent être considérés comme "provisoires", insiste l'OMS.

Découvert en 1976 dans l'actuelle République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), le virus Ebola est hautement contagieux et mortel dans 25 à 90% des cas, selon l'OMS.

Il se transmet à l'homme à partir des animaux sauvages et se propage ensuite d'homme à homme. 

Il n'y a pas de vaccin homologué contre la fièvre Ebola, qui se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées.

Plusieurs vaccins sont au stade des essais, mais aucun n'est disponible pour un usage clinique. De plus, il n'existe aucun traitement spécifique, et des médicaments sont en cours d'évaluation.

Les chances de survie augmentent pour les malades s'ils sont hydratés. Les personnes atteintes restent contagieuses tant que le virus est présent dans leur sang et leurs sécrétions, selon l'OMS.

 

- "Deuxième pic de l'épidémie" -

 

La Guinée, où l'épidémie s'est déclarée avant d'atteindre les pays voisins, est la plus affectée par la fièvre hémorragique, avec 264 morts sur 398 cas cumulés. Sur les 398 cas, 254 ont été confirmés comme étant dus au virus Ebola. Les autorités guinéens, MSF et l'OMS ont rapporté il y a quelques mois des cas de guérison de malades d'Ebola.

En visite à Genève fin avril, le président guinéen Alpha Condé avait assuré que l'épidémie de fièvre était "bien maîtrisée" dans son pays, sans exclure une augmentation du nombre de décès qui était alors de 74.

Le Liberia, où aucun nouveau cas n'avait été signalé sur plusieurs semaines entre avril et juin, a enregistré en une semaine de nombreux cas suspects et confirmés. Ce pays cumule désormais 33 cas de fièvre hémorragique dont 24 mortels. Et sur les 33 cas cumulés, 18 ont été confirmés par des analyses comme étant dus au virus Ebola.

La Sierra Leone, où des analyses avaient il y a quelques mois exclu la présence d'Ebola chez un certain malades suspects, fait également face à l'épidémie. Elle comptabilise 97 cas de fièvre hémorragique (dont 49 mortels). Et 92 des 97 cas ont été testés positifs à l'Ebola.

Des cas suspects avait également été signalés début avril au Mali, autre pays voisin de la Guinée, mais les analyses ont exclu la présence du virus Ebola et, depuis, il n'y a "ni cas suspect, ni cas confirmé", selon le gouvernement malien.

Jointe mercredi par l'AFP depuis Dakar, la coordinatrice des programmes d'urgence de l'ONG Médecins sans Frontières (MSF), Marie-Christine Férir a précisé que l'on était actuellement "face à un deuxième pic de l'épidémie". "Ce qui est inhabituel, c'est la dispersion des foyers, ça complique les choses" dans la lutte, a-t-elle estimé.

L'origine de ce nouveau pic "est difficile" à déterminer avec précision, parce que "les gens bougent beaucoup", certaines familles et communautés vivant de part et d'autre des frontières. Et les funérailles, qui sont des occasions de rassemblements, peuvent être des "amplificateurs de l'épidémie", a-t-elle ajouté.

MSF, très active sur le terrain, compte actuellement "plus ou moins 60 expatriés et 300 (personnels) nationaux" dans les trois pays touchés, a indiqué Mme Ferir, en appelant à une "mobilisation à tous les niveaux, avec tous les acteurs" pour contenir la propagation.

 

 

AFP

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